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Le français à l’université est un bulletin trimestriel d’information et de liaison qui s’adresse aux enseignants et chercheurs des départements d’études françaises, filières francophones, centres de langue et centres d’études ou de recherche sur la francophonie. L’énergie, l’entre et le sensLes approches minimalistes en arts plastiques et en littérature ont eu au moins l’avantage de mettre en valeur notre bonne volonté sémantique : du moindre signe, nous construisons du sens, qui devient compréhension quand nous tentons de le transmettre dans l’interlocution. Que ce soit sur le plan des échanges endolingues ou plurilingues, une relation de coconstruction s’établit alors dans l’ajustement réciproque, avec le jeu existant entre les mécanismes de la langue et du langage. Dans cet “entre” permanent, le sens fuit, se décompose, revient, se recompose par les mouvements de l’intercompréhension, avec les risques de l’incompréhension que l’activité pragmatique nous permet de relever grâce à son éventail de formes et de niveaux. L’enseignement-apprentissage des langues s’est enrichi de concepts et de méthodes fondées sur cette analyse de l’“entre”, qui a commencé avec un retour du comparatisme linguistique au début des années 1990, ainsi qu’avec la notion de pont [1] et celle de filtre [2]. Des outils multilingues permettent aujourd’hui l’apprentissage simultané d’une même compétence dans plusieurs langues, offrant ainsi de nombreuses perspectives innovantes pour les dispositifs éducatifs. Les étudiants sont appelés à des mobilités plus intenses et à des travaux prenant en compte des concepts et des argumentations élaborés dans des langues variées. Récemment, une collègue argentine responsable d’un centre universitaire d’enseignement des langues m’a fait part d’un regret émis par l’un de ses enseignants chinois concernant une mauvaise “gestion de l’énergie” durant un cours de mandarin. L’irruption de cette expression comme concept pédagogique surprendra notre savoir établi d’un côté du monde. Quel didacticien, quel pédagogue européen, américain, africain est capable de l’expliquer ? À quelles conditions pouvons-nous lui donner du sens dans la traduction, la transférer, nous l’approprier ? Ce numéro présente un dossier sur les ressources actuelles en intercompréhension dans lequel de nombreux ouvrages reçus sont référencés, et Éliane Lousada propose un point de vue original sur les liens entre la perspective actionnelle du cadre européen commun de référence pour les langues et la pratique didactique des genres textuels issus de l’interactionnisme sociodiscursif. Les notes de lecture ont été rédigées par Alain Joseph Sissao, Mercedes López-Santiago, Sylvie Warthon, Christine Schmidt-König, Martine Schuwer, Gina Puică, Nicolas Samson, Christian Vicente, Raluca Lupu-Onet, Cristina Brancaglion, Emmanuel Kamdem Fopa. Patrick CHARDENET |