Le français à luniversité

Les langues de France

Texte intégral

1Au sein de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), la mission Langues de France et Outre-mer a été créée dans le cadre de la réflexion sur la reconnaissance des langues régionales ou minoritaires, lancée notamment par le Conseil de l’Europe.

2Il y a bientôt 20 ans, Bernard Cerquiglini, alors directeur de l’Institut national de la langue française (C.N.R.S.), s’était vu confier par les ministres chargés de l’Éducation nationale, de la Technologie, de la Culture et de la Communication la mission de répertorier les langues de France qui seraient concernées par l’éventuelle ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

3Son rapport (Les langues de France, 1999) recensait près de 75 langues de France. À ce jour, on comptabilise davantage de langues : au moins 17 langues régionales parlées traditionnellement dans l’Hexagone (ce chiffre incluant les différentes variantes de langue d’oïl) ; 54 langues parlées dans les Outre-mer, territoires particulièrement riches en matière de diversité linguistique; et également 7 langues appelées langues « non territoriales ». Ces dernières ne sont pas attachées à un territoire précis, mais sont présentes en France depuis longtemps et de manière significative, sans être langues officielles d’aucun pays : l’arabe dialectal, le berbère, le yiddish, le romani, le judéo-espagnol, l’arménien occidental (différent de l’arménien, langue officielle d’Arménie); s’y ajoute la Langue des Signes Française (LSF).

4À la suite de la parution de ce rapport, la Délégation générale à la langue française a développé une politique en faveur des langues de France et a été rebaptisée en 2001 « Délégation générale à la langue française et aux langues de France ». Illustration de la reconnaissance par l’État de la pluralité linguistique interne à la France, qui marque un tournant majeur dans l’histoire de la politique linguistique de la France.

5Le gouvernement français considère que les langues de France contribuent à façonner, aux côtés du français, notre identité culturelle et constituent une richesse immatérielle vivante et créative, désormais reconnue dans la Constitution : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » (art. 75-1). Cette pluralité linguistique, loin d’être un obstacle à la cohésion sociale comme on l’a longtemps pensé, constitue un potentiel souvent mésestimé, et ce à différents niveaux : culturel, éducatif, mais également économique.

6La DGLFLF contribue donc à élargir l’espace d’expression de ces langues en favorisant leur emploi dans les différentes sphères de la vie publique et les différents champs de la modernité culturelle et technique, comme l’audiovisuel ou le multimédia. Elle concourt également à promouvoir et à faire connaître le patrimoine et les productions contemporaines qui s’expriment dans les langues de France, en soutenant la mise en valeur de ces langues par le théâtre, la chanson, le livre, et toutes disciplines où la langue est instrument de création.

7Parallèlement, il convient d’équiper ces langues, pour la plupart longtemps cantonnées à un usage exclusivement oral : la DGLFLF soutient ainsi de nombreux projets portant sur le développement des technologies de la langue. Elle accompagne également l’émergence et le développement de structures d’appui linguistique (offices publics, académies des langues), qui mènent le travail d’aménagement linguistique nécessaire à la pratique écrite de ces langues (normalisation de la graphie, du lexique, de la syntaxe…).

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Pour citer

Les langues de France
Le français à l'université , 22-04 | 2017
Mise en ligne le: 13 décembre 2017, consulté le: 20 juin 2018

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