Le français à luniversité

Plurilinguisme dans les universités : études de cas

Stéphane Grivelet

Texte intégral

1Lorsque nous avons lancé un appel à contribution pour un numéro spécial du Français à l’université sur le plurilinguisme et sur la place du français dans les universités, nous avons reçu de nombreuses propositions. Certaines, traitant de sujets généraux, ont été publiées dans le dernier numéro de 2013. Nous avons ainsi pu présenter des articles sur la place de l’anglais dans l’enseignement supérieur et la recherche, et une analyse de l’apport des filières universitaires bilingues dans les universités d’Asie du Sud-Est.

2Pour ce premier numéro de 2014, nous avons rassemblé des contributions présentant des études de cas concernant l’enseignement supérieur dans un pays ou traitant du plurilinguisme et de la place du français dans une université. Cinq situations sont ainsi présentées :

3Moufoutaou Adjeran, de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), évoque le cas de l’enseignement du français au Nigéria. Dans ce pays anglophone, entouré de pays francophones, l’apprentissage du français comme langue étrangère est une évidence. Cet enseignement, débuté dans les années 1950, s’est renforcé dans le pays et bénéficie du soutien des autorités nigérianes. Des difficultés existent quant à la formation des enseignants de français, qu’une plus grande coopération régionale pourrait aider à résoudre.

4Ndèye Maty Paye, de l’Université de Gambie, dresse, pour sa part, un panorama de la situation du français dans un autre pays anglophone d’Afrique, la Gambie, sujet auquel elle a consacré sa thèse de doctorat. Elle montre l’importance du français pour le pays et notamment pour l’enseignement supérieur en Gambie. Quatre-vingt-dix pour cent des étudiants choisissent d’apprendre le français comme langue étrangère, et le français est particulièrement important pour des disciplines comme la médecine, les étudiants se préparant à poursuivre leurs études au Sénégal voisin.

5L’article de Mohamed Aref, de l’Université King Abdulaziz (Arabie saoudite), fait un point sur la place du français dans cette université, qui a depuis les années 1980 une section de français. Si les études de français attirent relativement peu d’étudiants, les étudiantes sont bien plus nombreuses. De nouveaux développements au sein de l’université aident l’enseignement de la langue française, qu’il s’agisse de bourses linguistiques pour étudier le français à l’étranger, de l’enseignement à distance ou de modules de français pour non-spécialistes.

6Augustin Emmanuel Ebongue et Adeline Souop de l’Université de Buea (Cameroun) présentent pour leur part une analyse de la place du français dans leur université. Université anglophone, l’Université de Buea a un département d’études françaises, qui offre une formation en lettres modernes, et la langue française a une présence réelle, bien que limitée, sur un campus marqué par une forte identité anglophone, dans un pays où l’anglais est minoritaire.

7Le dernier article, de Wajiha Smaili, de l’Université Libanaise (Liban), met en évidence une situation très particulière d’enseignement, qui est un bilinguisme dans les cours de la faculté d’ingénierie de cette université. Les cours sont généralement donnés à la fois en arabe et en français avec une alternance codique. À partir d’une analyse de la réception des cours par les étudiants, Wajiha Smaili analyse comment l’alternance codique peut être positive dans le processus d’apprentissage.

8Allant de l’analyse du plurilinguisme dans un pays et ses conséquences sur l’enseignement à la question de l’alternance codique dans les cours, sans oublier la place du français dans une université, ces cinq articles décrivent des réalités très différentes, mais dans lesquelles beaucoup de départements universitaires de français se reconnaîtront.

9Dans la partie « Ressources », Patrick Chardenet analyse un nouvel outil développé à l’initiative du Conseil de l’Europe, le projet EPG — European Profiling Grid. La grille de compétences EPG a pour objectif de répondre aux besoins de représentation de l’ensemble des compétences d’un enseignant de langue étrangère à un instant donné en se basant sur une culture d’autoévaluation comme source de motivation professionnelle. Patrick Chardenet note l’intérêt, mais aussi les limites de cette grille, notamment les dangers d’une grille unique et les risques d’une mauvaise application de cet outil.

10Enfin, la rubrique « Point de vue » apporte comme d’habitude un témoignage sur un événement ou une manifestation scientifique récente. Nous nous tournons pour cette fois vers l’Asie, et plus particulièrement la Chine, où a eu lieu en novembre 2013, organisé à l’Université normale de Chine du Sud, à Guangzhou, un colloque international intitulé « Croisements, ruptures, partages, conflits : quelles approches diversitaires pour la didactique des langues? ». Rassemblant près de 120 personnes venues de 20 pays différents, ce colloque avait pour ambition de s’intéresser à la question des enjeux et des effets didactiques et épistémologiques d’une conception « autre » de la diversité.

11Ce numéro du Français à l’université nous fait donc voyager dans les départements de français de plusieurs continents, avant de revenir, dans notre prochain numéro, à un « Sous la loupe » régional.

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Pour citer

Stéphane Grivelet, Plurilinguisme dans les universités : études de cas
Le français à l'université , 19-01 | 2014
Mise en ligne le: 19 mars 2014, consulté le: 19 janvier 2019

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Auteur

Stéphane Grivelet

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