Le français à luniversité

Langues et enseignement au Maroc

Stéphane Grivelet

Texte intégral

1Chaque numéro du Français à l’université comprend un dossier principal, le « Sous la loupe », consacré soit à une thématique (par exemple « la formation des enseignants de français » ou « le rôle des associations et réseaux d’enseignants de français », qui sera le thème de notre prochain numéro), soit à une zone géographique. Le « Sous la loupe » de ce premier numéro de l’année 2016, proposé et coordonné par Mina Sadiqui de l’Université My Ismail, entre dans la deuxième catégorie de dossiers et rassemble plusieurs articles sur le Maroc.

2Après une introduction générale, rappelant l’historique de la place du français dans l’enseignement au Maroc, trois articles apportent des éclairages différents et complémentaires.

3Abdelouahed Mabrour, de l’Université Chouaïb Doukkali à El Jadida, dresse le tableau sociolinguistique du Maroc et analyse la place des différentes langues présentes dans le pays. Il remarque notamment que, pour la langue française, sa « position privilégiée, mais dans le même temps assez controversée du fait qu’elle est perçue comme une langue porteuse de valeurs différentes, la langue de l’ancien occupant aussi, fait d’elle un “objet d’un enjeu idéologique” qui oppose la fibre traditionnelle (arabo-islamiste) et les défenseurs de la modernité ».

4Mina Sadiqui s’intéresse pour sa part à l’évolution de la didactique du français dans les lycées depuis 1987, et notamment aux instructions pour l’utilisation du français dans les disciplines scientifiques. Elle présente en particulier la rupture que constituent les instructions de 2007 pour l’enseignement du français. Après avoir analysé l’évolution de la didactique du français dans les lycées marocains, elle en conclut qu’elle « devrait s’inscrire dans la pratique et donc s’ouvrir obligatoirement sur le terrain pour mieux comprendre, et donc mieux cibler, ce qui faciliterait aussi bien la transition secondaire/universitaire que l’insertion dans le marché de l’emploi ».

5Le dernier article, écrit par Mehdi Kaddouri, de l’Université Mohamed 1er à Oujda, pose la question de la place du numérique dans l’enseignement des langues au Maroc. L’auteur décrit à la fois les expériences menées au Maroc, les apports possibles du numérique, mais aussi les obstacles et difficultés, notamment par rapport à l’usage du numérique par les enseignants. Il en conclut que « pour améliorer les apprentissages linguistiques des étudiants, l’université marocaine est appelée à développer chez les apprenants des compétences “multimodales” (M. Lebrun et N. Lacelle, 2014), à tirer profit de la diversité des ressources pédagogiques numériques et de l’interactivité des outils, pour un apprenant autonome, responsable et entièrement engagé dans ses apprentissages linguistiques ».

6Ce numéro comprend exceptionnellement deux articles « ressources ». L’un présente un site consacré à la théâtralisation de contes et légendes du Québec. Ce site propose une formation en ligne à l’exploitation des ressources théâtrales et transmodales pour aborder les contes et légendes québécois en classe de FLE/S. L’autre décrit un espace d’autoformation pour les enseignants de français baptisé Scriptur@les, consacré au « développement de la compétence d’écriture en français des étudiants allophones à l’ère numérique ».

7Enfin, la partie « Point de vue » permet de partager les résultats d’une recherche menée au Québec et au Brésil. Comme l’indiquent les auteurs, « le but de cette enquête était de mieux connaître les pratiques déclarées et les représentations des étudiants relatives à l’écriture en contexte de formation universitaire ».

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Pour citer

Stéphane Grivelet, Langues et enseignement au Maroc
Le français à l'université , 21-01 | 2016
Mise en ligne le: 02 juin 2016, consulté le: 16 janvier 2019

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Auteur

Stéphane Grivelet

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