Le français à luniversité

Les associations et réseaux, soutiens de l’enseignement du français dans le monde

Stéphane Grivelet

Texte intégral

1À l’occasion du congrès mondial de la fédération internationale des professeurs de français (FIPF), qui se tiendra du 14 au 21 juillet 2016 à Liège (Belgique), nous avons voulu consacrer un « Sous la loupe » au rôle des associations de professeurs et réseaux de chercheurs dans le développement de l’enseignement du français.

2Les six articles de ce dossier spécial présentent des régions et des situations très différentes, donnant un panorama varié des apports du monde associatif à l’activité des professeurs de français et des chercheurs en linguistique ou en littérature françaises.

3Le président de la FIPF, Jean-Pierre Cuq, fait le point sur ce qu’est cette fédération aujourd’hui, après presque 50 années d’existence (la FIPF a été créée en 1969), s’appuyant notamment sur Le livre blanc de l’enseignement du français, une grande enquête faite auprès des associations nationales, dont les résultats seront présentés pendant le congrès de Liège. Jean-Pierre Cuq conclut que « c’est grâce à cet engagement souvent modeste mais quotidien de ses milliers de bénévoles dans un projet francophone et humaniste que la FIPF est peu à peu devenue un acteur indispensable des politiques de promotion et de diffusion de la langue française dans le monde ».

4Doina Spita, présidente de la commission Europe centrale et orientale de la FIPF, s’est fondée pour son article sur une enquête réalisée auprès des 30 associations de la région. Elle met en avant le rôle des associations dans l’impulsion de deux mouvements : les collaborations intra-associatives nationales, qui incitent les différents niveaux scolaires et universitaires à coopérer pour des projets communs, notamment en formation continue, et les collaborations inter-associatives, qui poussent des associations de plusieurs pays à travailler ensemble.

5Samir Marzouki, président de la commission du monde arabe de la FIPF, examine la situation des associations au Maghreb et au Machreq et rappelle des caractéristiques fondamentales du milieu associatif : « ces associations sont des lieux de réflexion, de partage et d’innovation qui ne subissent pas, du fait de leur nature associative, les contraintes propres à la pratique quotidienne du métier et où les enseignants ne sont pas évalués par rapport à l’observation d’un programme mais par leur travail collaboratif et bénévole ».

6Deux articles présentent la situation des associations dans deux pays d’Afrique anglophone.

7Gregory Nutefe Kwadzo s’intéresse au rôle de l’association ghanéenne des professeurs de français dans la promotion du français. Se basant sur le concept de « marché aux langues », il montre comment cette association « constitue un pilier pour la promotion du français en milieu plurilingue et […] agit aussi comme un groupe de pression capable d’influencer les décisions portant sur le français ».

8Présidente d’honneur de l’association des professeurs de français en Ouganda, Milburga Atcero décrit pour sa part les activités de cette association et les pistes pour son activité future, en insistant notamment sur son rôle pour le développement de l’enseignement du français sur objectifs spécifiques dans le pays.

9Enfin, le dernier article de ce dossier spécial concerne le Réseau sud-américain d’enseignants-chercheurs en langue française et cultures francophones (CLEFS-AMSUD) et son importance pour les chercheurs d’Amérique latine. Les quatre auteures (Claudia Gaiotti, Laura Masello, Eliane Lousada et Sabrina Bevilacqua) décrivent les activités de ce jeune réseau, créé en 2012 avec la « volonté de tisser des liens de coopération et d’action entre des chercheurs et des universités ancrés dans la région ». Elles concluent qu’aujourd’hui, ce réseau, « qui fait germer des idées, relève ainsi le défi de créer de nouveaux scénarios de collaboration, d’échange et de production scientifique entre différentes communautés de savoir ».

10Plusieurs de ces articles mettent en évidence les liens profonds qui existent entre les associations de professeurs de français et les institutions de la Francophonie, que ce soit l’Organisation internationale de la Francophonie ou l’Agence universitaire de la Francophonie. Ce dossier spécial du Français à l’université est donc l’occasion à la fois de partager ces bilans et de rappeler que la FIPF et les associations qui en font partie sont une composante à part entière du mouvement francophone.

11Ce numéro est complété par un article « Ressources » sur un nouvel outil de mise en contact des professeurs de français, développé par l’Institut français, IFprofs, et par le compte-rendu d’un séminaire régional des départements de français du Moyen-Orient, organisé dans le cadre du projet « Dialogue d’expertise ».

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Pour citer

Stéphane Grivelet, Les associations et réseaux, soutiens de l’enseignement du français dans le monde
Le français à l'université , 21-02 | 2016
Mise en ligne le: 13 juin 2016, consulté le: 18 novembre 2018

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Auteur

Stéphane Grivelet

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