Le français à luniversité

Contacts de langues, variations et emprunts

Stéphane Grivelet

Texte intégral

1Le dossier « Sous la loupe » de ce dernier numéro de l’année 2015 est consacré à des recherches sur les contacts de langues, les variations et les emprunts en Afrique subsaharienne (Cameroun et Côte d’Ivoire), en Amérique du Nord (Nouvelle-Écosse) et au Maghreb (Algérie).

2Coordonné par Cristina Petraş, de l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iaşi (Roumanie), ce dossier présente des recherches menées dans des contextes linguistiques variés et a pour objectif de « contribuer à une compréhension des mécanismes à l’œuvre dans le contact du français avec d’autres langues ».

3Dans son article sur le Cameroun, Gisèle Piebop de l’Université de Yaoundé I (Cameroun) s’intéresse aux contacts entre le français, l’anglais et les langues camerounaises. Elle analyse notamment « des phénomènes linguistiques tels que les emprunts, les calques, la néologie, l’abréviation, la dérivation, l’onomatopée, la composition, l’irrespect des règles grammaticales du français de référence » et en conclut que « ces particularités assurent à n’en point douter la vitalité du français au Cameroun et amènent les locuteurs à le considérer non plus comme une langue étrangère, d’assujettissement culturel et politique, mais plutôt comme un outil de communication utile qui appartient désormais au patrimoine linguistique du pays ».

4Suivant une approche différente, en étudiant un seul phénomène linguistique, Jean-Marie Andoh Gbakre, de l’Université Peleforo Gon Coulibaly, Korhogo (Côte d’Ivoire) étudie l’utilisation du morphème « ça » chez le locuteur ivoirien. Il note qu’« au-delà d’être un simple indice grammatical, ça, par son ancrage pragmatique chez l’Ivoirien, fonctionne comme un indice d’identité linguistique ».

5Cristina Petraş étudie pour sa part les contacts entre l’anglais et le français acadien du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse en se concentrant sur les emplois du pronom which. Elle montre que ces emplois se rangent « sur un continuum qui aboutit à une perte de la valeur pronominale [et] témoignent de changements qui pourraient être traités en termes de grammaticalisation. Si certains de ces emplois sont apparemment présents en anglais du Canada, d’autres pourraient être comparés avec ceux du pronom que passe-partout en français ».

6Le dernier article, de Souheila Hedid, de l’Université des Frères Mentouri (Algérie), porte sur une étude sociolinguistique menée dans la ville de Constantine (Algérie). Dans cette ville, qui a connu des mouvements de population, l’auteur s’interroge sur la façon dont cette réorganisation spatiale peut influer sur les langues et leurs statuts. Elle note ainsi l’importance du français dans l’ancienne ville et le fait que « le français apparaît ainsi comme un identificateur très puissant du lien que les jeunes ont avec le territoire urbain », mais qu’en revanche « si la toponymie change de langue, les locuteurs en font de même. La désignation des espaces de la nouvelle ville est faite en arabe ».

7Le « Point de vue » de ce numéro est consacré à un premier bilan d’un colloque organisé par l’Agence universitaire de la Francophonie, les 12 et 13 novembre 2015, à l’Université Cadi Ayyad au Maroc sur le thème « l’Université en contexte plurilingue dans la dynamique numérique ». Dans l’attente des actes, qui seront publiés début 2016, le site http://www.universite-plurilingue-2015.auf.org/ présente le déroulement du colloque et ses recommandations.

8La partie « Ressources » décrit un nouveau cours en ligne ouvert et massif (CLOM), consacré à la Francophonie. Développé par l’Institut international de la Francophonie (2iF, ex-IFRAMOND) de l’Université Lyon 3, ce cours, intitulé « Francophonie : essence culturelle, nécessité politique », a pour objectif de comprendre la Francophonie comme espace géoculturel et espace géopolitique.

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Pour citer

Stéphane Grivelet, Contacts de langues, variations et emprunts
Le français à l'université , 20-04 | 2015
Mise en ligne le: 12 janvier 2016, consulté le: 19 janvier 2019

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Auteur

Stéphane Grivelet

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