Le français à luniversité

La production et la gestion participative des savoirs

Patrick Chardenet

Texte intégral

1La construction des savoirs dans le domaine de la diffusion des langues par l’enseignement se fonde sur des bases de données communes à partager (corpus) qui, traitées et analysées par les apports individuels et collectifs soumis à la communauté scientifique, constituent une base de connaissance. Le modèle était jusqu’ici relativement linéaire ; il suivait une logique axiologique qui, depuis l’Antiquité, structurait la pensée, le langage et les comportements : du faux au vrai, de l’inexact à l’exact. Il a ainsi fallu attendre longtemps les preuves et les réfutations, d’où le développement des écoles de pensée. Le XXe siècle a montré qu’un élément peut être dans deux états différents en même temps, dans deux endroits à la fois en même temps, et que la présence d’un observateur peut modifier la réalité observée, ce que le XXIe siècle met en œuvre en bousculant l’espace et le temps par les technologies de la communication. La mutualisation des savoirs et des ressources, ainsi que les archives ouvertes représentent les balbutiements d’une profonde révolution de la production et de l’accès à la connaissance.

2Mais les technologies de l’information et de la communication ne sont pas les seuls vecteurs d’une gestion participative du savoir : les mobilités y contribuent aussi. Traditionnellement inscrites dans le voyage initiatique du futur savant, d’université en université depuis le Moyen Âge européen, elles permettent, dans un monde plus ouvert, de partager des savoirs, des cultures d’enseignement et d’apprentissage, accessibles à un plus grand nombre, grâce aux programmes et aux actions qui favorisent le lien direct. Dans le cadre d’une université d’été, plus de cent trente étudiants francophones du Cambodge, de la Chine, du Laos, de la Thaïlande et du Vietnam ont été accueillis en août dernier à l’Université de Nhatrang, avec quinze enseignants de français de l’ensemble de ces pays d’Asie du Sud-Est, mais aussi de la Belgique, du Myanmar et de la France.

3Dans un contexte caractérisé par la compétition académique et la mondialisation des connaissances, les universités sont appelées à miser sur la productivité du lien cognitif. Pour ce faire, elles doivent compter sur un maillage de partenariats institutionnels et d’échanges personnels.

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Pour citer

Patrick Chardenet, La production et la gestion participative des savoirs
Le français à l'université , 13-03 | 2008
Mise en ligne le: 08 février 2012, consulté le: 25 mars 2019

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Auteur

Patrick Chardenet

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