Le français à luniversité

Oralité et gestualité : la différence homme-femme dans le roman francophone

Karen Ferreira-Meyers

Référence de l'oeuvre:

Boustani, Carmen, (2009), Oralité et gestualité : la différence homme-femme dans le roman francophone, Éditions Karthala, Paris, 300 pages.

Texte intégral

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1Dans cet ouvrage, Boustani se penche sur « le corps comme représentation fortement métissée d’imaginaire » (p. 7). Elle veut constituer une poétique axée sur une description découlant de la production narrative d’auteurs francophones et une pragmatique liée à la réception de leurs textes. Elle s’attarde aux systèmes gestuels, domaines jusqu’ici souvent négligés par la critique littéraire. Son corpus de romans écrits par des francophones issus de diverses régions contient autant d’écrivains que d’écrivaines, puisqu’elle analyse aussi les différences sexuelles. Les gestes, avec leurs particularités culturelles, ethniques, régionales et sociales, permettent à l’auteure de proposer une sémiologie et une grammaire aidant à les identifier, à les hiérarchiser et à leur attribuer des significations et des rôles. Boustani inclut une partie théorique (Deleuze et Derrida) sur le roman francophone et sur le « sexolecte » (p. 219), terme qui désigne les relations entre la sexualité, la gestualité et la langue. Elle entame ensuite une section plus substantielle consacrée aux résultats de ses recherches. Pour chaque œuvre, elle propose une sémiologie (gestes mimo-faciaux, gestes des bras, des mains et des jambes, postures, attitudes) qui circonscrit les motivations des écrivains en regard de l’utilisation d’une gestuelle. Au nombre de ces motivations, on compte notamment la simulation, le dévoilement et certains éléments de sémiologie verbale. Les conclusions des chapitres 6, 7 et 8 sont malheureusement un peu trop succinctes et superficielles.

2Par son titre, le livre de Boustani promet une analyse de l’oralité dans le roman francophone. Toutefois, le lecteur n’apprend pas grand-chose sur ce plan ; il n’y a qu’un petit chapitre, vers la fin de l’ouvrage, où l’auteure lie l’oralité à la quête identitaire. Qu’à cela ne tienne : globalement, la qualité de l’œuvre est indéniable. Une bibliographie et une table des matières terminent cette étude enrichissante sur la gestualité dans le roman francophone.

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Pour citer

Karen Ferreira-Meyers, Oralité et gestualité : la différence homme-femme dans le roman francophone
Le français à l'université , 15-03 | 2010
Mise en ligne le: 31 janvier 2012, consulté le: 16 juin 2019

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Auteur

Karen Ferreira-Meyers

Université du Swaziland (Swaziland)

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