Le français à luniversité

Politiques linguistiques en Europe

Ndèye Maty Paye

Référence de l'oeuvre:

Herreras, José Carlos (dir.), (2013), Politiques linguistiques en Europe, coll. « Europe(s) », Presses Universitaires de Valenciennes, Valenciennes, 2013, 158 pages.

Texte intégral

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1Cet ouvrage collectif rend compte d’une Europe plurielle par la mosaïque de langues qui la composent. Des langues dont les statuts, la répartition dans les territoires et l’usage social ne s’opèrent pas de manière anodine. La gestion des langues par les États européens obéit aux réalités géographique, politique, historique et sociale. Il en résulte des configurations sociolinguistiques hétérogènes. La distribution des langues est souvent régie par des textes juridiques et des institutions pour appuyer les actions.

2Henriette Walter retrace l’historique de la politique linguistique française et de la création de la Délégation générale de la langue française et des langues de France (DGLFLF) en 1996. Les missions et l’organisation de ladite structure sont détaillées dans l’article.

3José Carlos Herreras fait part de la situation linguistique de l’Espagne plurilingue. Jusqu’au XVIIe siècle, nous avons d’un côté l’épanouissement du castillan, devenu international, et de l’autre, l’usage limité du catalan. Au XXe siècle, la valorisation officielle des langues régionales est tributaire des régimes politiques successifs.

4Dans « Politiques linguistiques et plurilinguisme à Chypre », Marilena Karyolemou attire notre attention sur le fait que l’histoire géopolitique a influencé les choix et la gestion linguistique de l’espace insulaire chypriote. Le turc, majoritaire au nord, et le grec, au sud, sont officiels. L’anglais, héritage britannique, est le troisième acteur important dans la sphère administrative, juridique et de l’éducation. Le chypriote est une variété grecque prépondérante dans les communications informelles. Le gouvernement est réticent à l’usage du chypriote qui est toléré, mais très surveillé.

5Dans « Politiques linguistiques et plurilinguisme en Espagne : le cas du Léonais », Janick Le Men Loyer se consacre à l’analyse du dialecte léonais composé d’une diversité linguistique. Aux Asturies, le bable forme une autre réalité linguistique, basée sur les parlers romans autochtones. Le bable ne fait pas l’unanimité, mais bénéficie d’un caractère officiel, admis dans les textes de la Principauté, et fortifié par la création de l’Académie de la Llingua Asturiana en 1981.

6Eric Weider nous éclaire sur la configuration sociolinguistique de la Suisse moderne devenue officiellement plurilingue au XIXe siècle. L’allemand, le français et l’italien sont simultanément des langues nationales et officielles, juridiquement égales. Quant à la langue romanche, elle ne devient semi-officielle qu’à partir de 1996. Aux côtés de ces langues, les dialectes romanches, allemands, lombards et le patois romand se partagent les situations de communication orale. En Suisse, l’acception et l’appréciation des standards et des dialectes sont variables et découlent des perceptions des différentes communautés.

7Júlia Bubáková fait état de la diversité linguistique de la Slovaquie : la langue slovaque est officielle et les langues minoritaires (hongrois, rom, allemand, tchèque, russe, langue ruthène) sont protégées par l’article 12 de la Constitution slovaque.

8Dans « Politiques linguistiques : le cadre légal en France », Denis Costaouec explique l’aspect constitutionnel, législatif et réglementaire dans lequel évoluent les langues de France. L’analyse des textes juridiques permet d’observer une hiérarchie dans le statut accordé aux langues de France.

9Les questions linguistiques éveillent des passions tantôt animées par l’élan nationaliste tantôt attisées par un positionnement conflictuel. Ainsi des langues sont valorisées, protégées; défendues d’une part et de l’autre, des langues sont minorées, dénigrées en fonction des représentations, des attitudes, des actions gouvernementales. Au fil des pages et des articles, les auteurs nous offrent un voyage au cœur de l’Europe et de ses langues en prenant leurs exemples en France, en Espagne, en Suisse, Chypre, et enfin en Slovaquie.

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Pour citer

Ndèye Maty Paye, Politiques linguistiques en Europe
Le français à l'université , 20-02 | 2015
Mise en ligne le: 25 mai 2015, consulté le: 16 janvier 2019

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