Le français à luniversité

Entre langues, littératures et traductions : le français dans la recherche au Brésil

Sílvia Melo-Pfeifer

Référence de l'oeuvre:

Braun Dahlet, Véronique et Eliane Gouvêa Lousada (coord.), (2010), Entre langues, littératures et traductions : le français dans la recherche au Brésil, Synergies Brésil, no 8, Revue du Gerflint, Sylvains les Moulins (France), 140 pages.

Texte intégral

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1Deux grandes réalités — la langue française et le Brésil — et la constatation d’un grand potentiel : le développement de leur rapport. Cette constatation est d’autant plus pertinente que les coordinatrices de ce numéro reconnaissent, malgré la qualité des recherches présentées, le poids résiduel des études en français et avec le français au sein des universités brésiliennes ; l’inégale distribution, parmi les différents États brésiliens, de la recherche en langue, littérature et traduction.

2Si les politiques d’appui à la recherche (c’est-à-dire l’action des structures de financement) peuvent expliquer cet état des lieux, on peut soulever une deuxième constatation : le manque de reconnaissance institutionnelle et l’insuffisante valorisation sociale de ces recherches, dont l’impact n’est pas (re)connu. Est-ce un signe de l’ambiguïté de ce champ d’études dans le cadre des positionnements disciplinaires, notamment au sein des structures étatiques de financement de la recherche ?

3Malgré ces questions, soulevées tout au long de la première partie de l’ouvrage, la richesse et la diversité des études présentées dans ce numéro de Synergies Brésil (qui couvre les champs de la politique éducative, de la linguistique, de la littérature et de la didactique des langues) mettent en évidence la vitalité des équipes de recherche brésiliennes, ainsi que les dialogues qu’elles établissent avec la Francophonie et la langue française.

4Ainsi, pour ce qui est de la politique éducative, objet de la première partie de cet ouvrage, les articles de V. B. Dahlet et de E. G. Lousada, tout comme l’interview avec B. A. Junior, mettent l’accent sur les politiques de financement et de support des recherches menées sur et avec le français au Brésil. Ce sont les enjeux et les tensions de la politique de financement de l’enseignement supérieur qui sont présentés et démontrés, pour bien mettre en évidence, à notre avis, soit l’état des lieux, soit la fragilité institutionnelle de ce champ d’études.

5P. Chardenet, de son côté, esquisse le rôle fondamental de la recherche en didactique des langues (DL) pour répondre aux besoins sociaux et, ainsi, ancrer l’action des systèmes éducatifs. L’auteur prône la construction de « postures de recherche dans la complexité épistémique » (p. 42) et « l’interlinguisme méthodologique » (p. 43) comme moyens d’accès à cette complexité.

6Encore dans le domaine de la DL, mais déjà dans la deuxième partie, consacrée à la recherche en langues, traduction et littérature, A. Ferreira, L. Barbosa et M. dos Reis tracent l’évolution de cette discipline à travers la comparaison des dictionnaires de Galisson et Coste (1976) et de Cuq (2003), notamment en termes de terminologie et de la structuration des deux ouvrages. De son côté, C. Rochebois analyse la présence d’indices de diversité culturelle et sociale dans les méthodes de français langue étrangère, en tant que souci de développement d’une compétence pluriculturelle, attentive à toute manifestation de la diversité sociale en contexte communicatif. Dans le champ de la DL, en général, et de la didactique de l’écriture tout particulièrement, D. Massmann compare l’organisation rhétorique du français et du portugais dans des écrits argumentatifs d’élèves du collège : plus que des éléments de distinction entre l’écriture dans les deux langues, l’auteur met en évidence le poids de la culture scolaire dans la production de ce type de texte, qui permet de rapprocher, de façon assez significative, les textes dans les deux langues.

7Deux études en traduction littéraire mettent en évidence des aspects particuliers du métier de traducteur : la complexité de traduction des marqueurs de l’oralité (R. de Abreu) et l’accomplissement d’un rôle de « coauteur » et d’« interprète » à travers les notes de traduction (D. Barros et M. Pietroluongo). Encore dans le champ de la littérature, M. Cristovão montre la convergence entre la description littéraire et la peinture impressionniste à partir la seconde moitié du XIXsiècle, à travers l’étude de séquences descriptives de Flaubert et de Zola.

8La dernière étude de cette deuxième partie de Synergies Brésil est consacrée à ce que l’on pourrait ici appeler théorie de la réception : il s’agit, dans le texte de L. Brandini, d’analyser la réception, de 1953 à 2003, de l’œuvre de R. Barthes dans la critique brésilienne.

9La section « Varia » présente un dictionnaire des manifestations folkloriques françaises (Y. Coimet), mettant en relief le défi de la traduction des représentations culturelles, et une étude concernant la didactique de l’écriture et la lecture académique (L. Bueno).

10Ce volume se termine par les Notes de Lecture de « Pequena introdução à teoria das operações enunciativas » (d’A. Zavaglia), de « Teatro e Língua Estrangeira — entre teoria(s) e prática(s) » (de P. Massaro) et de « La chanson francophone en classe de FLE au Brésil » (de L. Jacob).

11Édition en ligne : http://ressources-cla.univ-fcomte.fr/gerflint/Bresil8/bresil8.html

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Pour citer

Sílvia Melo-Pfeifer, Entre langues, littératures et traductions : le français dans la recherche au Brésil
Le français à l'université , 17-03 | 2012
Mise en ligne le: 12 février 2013, consulté le: 18 janvier 2019

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Auteur

Sílvia Melo-Pfeifer

Universidade de Aveiro (Portugal)

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