Le français à luniversité

De la maîtrise du français aux littéracies dans l’enseignement supérieur

Saadia Aoudry

Référence de l'oeuvre:

Pollet, Marie-Christine (dir.), (2012), De la maîtrise du français aux littéracies dans l’enseignement supérieur, coll. « Diptyque », no 24, Presses universitaires de Namur, Belgique, 179 pages.

Texte intégral

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1Les recherches sur les littéracies universitaires représentent aujourd’hui un champ foisonnant dont traite ce numéro de la collection Diptyque, qui réunit les actes des journées d’études organisées du 6 au 10 décembre 2010 par le Centre de méthodologie universitaire (CMU) de l’Université de Bruxelles. L’ouvrage regroupe 10 articles de chercheurs venus d’horizons différents et d’enseignants de « terrain » qui s’intéressent tous à l’émergence de ce nouveau concept qui découle du champ de la « didactique du français dans l’enseignement supérieur ».

2Le premier article, d’Isabelle Delcambre, est intitulé « L’utilité de la notion de littéracie pour penser la lecture et l’écriture dans l’enseignement supérieur » et trace l’historique de l’émergence du concept dans le champ de la didactique (origine, définition et enjeux). L’auteure poursuit la réflexion dans une seconde contribution en collaboration avec Dominique Lahanier-Reuter ; les auteures s’appuient sur les difficultés de l’écriture académique en Sciences humaines et les perceptions de l’accompagnement. Elles y distinguent l’écriture académique, écriture de formation à la recherche et écriture de recherche. Elles démontrent que les étudiants identifient peu les difficultés rencontrées lors de la production de ce type de discours et les aides qu’ils reçoivent. Marielle Crahay, elle, s’interroge puis démontre, à travers l’exemple d’un cours dispensé à l’université Louvain, que les littéracies universitaires peuvent s’enseigner. Elle souligne également les réactions inattendues ou réfractaires de la part de certains étudiants face à ce type de concepts. S’ensuivent des contributions ciblant des genres de discours particuliers : Fanny Rink, à travers son article « Formation universitaire à et par la littéracie », aborde les écrits de recherche et envisage l’écriture à l’université comme objet et outil de formation pour former des lecteurs ou scripteurs-lecteurs. Carole Glorieux, dans « Mémoire en Infocom : quelles représentations étudiantes pour quelles exigences académiques ? », propose un organigramme permettant de cerner les caractéristiques énonciatives des discours universitaires (des mémoires d’application) et de les distinguer d’autres genres proches. Puis, à travers des questionnaires ciblés, elle analyse des déclarations d’étudiants, l’objectif étant de cerner les difficultés rencontrées par les étudiants concernant aussi bien le genre que l’écriture. Dans un tout autre registre, Caroline Scheepers aborde ce concept par l’analyse de 20 travaux de fin d’études (TFE) élaborés par de futurs instituteurs de l’enseignement primaire pour affiner le dispositif de formation. L’analyse a permis de cerner les spécificités discursives des TFE et d’identifier les écrits des étudiants. Autre public, autre méthode : Marielle Maréchal, par sa question « Rédiger un rapport en sciences de l’ingénieur, répondre à une question en mathématique, comment bien cibler les besoins des étudiants en français et leur proposer une aide efficace ? », souligne, outre l’aide linguistique, l’intérêt de la collaboration avec les enseignants de spécialités. Dans le domaine de la maîtrise de la langue, Françoise Boch, Laurence Brison et Carole Blondel décrivent la démarche pédagogique originale de Maurice Laurent qu’elles ont adoptée auprès des étudiants de 1re année. Elles proposent de travailler la langue sans imposer une norme, en développant la réflexion des étudiants. Et enfin, le dernier article, « L’écrit universitaire et l’accompagnement “efficace” : théories, pratiques et contextes états-uniens », où Christiane Donahue ouvre le domaine à des perspectives états-uniennes et suggère des coopérations entre l’Europe et les États-Unis.  

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Pour citer

Saadia Aoudry, De la maîtrise du français aux littéracies dans l’enseignement supérieur
Le français à l'université , 18-02 | 2013
Mise en ligne le: 25 juin 2013, consulté le: 25 mars 2019

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Auteur

Saadia Aoudry

École Nationale d’Agriculture de Meknès (Maroc)

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