Le français à luniversité

Revue japonaise de didactique du français. Études didactiques

Saadia Aoudry

Référence de l'oeuvre:

(2009), Revue japonaise de didactique du français. Études didactiques, vol. 4, no 1, Société japonaise de didactique du français, Tokyo, 259 pages.

Texte intégral

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1Les articles de ce numéro soulèvent le problème de la démotivation et de l’abandon des étudiants en Asie, et particulièrement au Japon, après une période de six mois à un an d’apprentissage du français. L’enquête, menée par Henri Besse auprès d’étudiants qui apprennent le français sans nécessité fonctionnelle, révèle la déception de ce public. Cette recherche est étayée par celle de Ohki Mitsuru et al., qui montre que les étudiants abandonnent parce qu’ils éprouvent des difficultés et que leurs efforts pour réussir sont disproportionnés par rapport au succès obtenu. Partant de ces constats très révélateurs, certains auteurs proposent des moyens pour remédier à la situation. Ainsi, Muriel Molinié plaide pour l’approche biographique en didactique, qui associe la formation de l’apprenant à un nouveau paradigme en éducation et formation. Suivant cette méthode, l’étudiant peut combiner son apprentissage avec son histoire passée et à venir. Devant les difficultés qu’éprouvent les étudiants à appliquer les règles de grammaire, Bruno Peyron s’appuie quant à lui sur les recherches les plus récentes en neurosciences pour enseigner autrement la grammaire. Il appelle sa méthode la « grammaire furtive »; il s’agit d’une grammaire qui s’explique. Chang Ching-Hsin, lui, suggère de réorganiser l’ordre de l’apprentissage de la syntaxe : unité phrastique, syntagme nominal, adjectif, adverbe. Michel Sagaz et Tachibana Hidehiro encouragent la collaboration entre un professeur japonais et un professeur français. Ils présentent l’expérience qu’ils ont menée comme fondée sur la coopération et la mise en place d’un projet par l’intermédiaire de la réalisation de films courts. Vu que les étudiants apprennent le français plus pour des raisons culturelles que linguistiques, Yang Shu Nu propose quant à lui d’appliquer la stratégie et l’acquisition culturelles à l’apprentissage, car la langue non pratiquée s’oublie, mais les acquis culturels restent. Selon Nishiyama Noriyuk, les contextes social, politique et culturel de l’Asie du Nord-Est sont tellement différents de ceux de l’Europe qu’on ne peut y appliquer le plurilinguisme et la mobilité; d’après lui, le CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues) devrait davantage être considéré comme une méthodologie à transférer. Enfin, Michael Byran présente une analyse des deux éléments de la politique linguistique européenne (les compétences plurilingues et interculturelles) et encourage tous ceux qui sont engagés dans l’enseignement des langues au Japon et en Asie à en tenir compte.

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Pour citer

Saadia Aoudry, Revue japonaise de didactique du français. Études didactiques
Le français à l'université , 15-03 | 2010
Mise en ligne le: 22 novembre 2011, consulté le: 26 juin 2019

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Auteur

Saadia Aoudry

École nationale d’agriculture de Meknès (Maroc)

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