Le français à luniversité

Je réel / Je fictif. Au-delà d’une confusion postmoderne

Elisaveta Popovska

Référence de l'oeuvre:

Schmitt, Arnaud, (2010), Je réel / Je fictif. Au-delà d’une confusion postmoderne, Presses universitaires du Mirail, Université de Toulouse-Le Mirail, 202 pages.

Texte intégral

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1L’ouvrage d’Arnaud Schmitt représente un apport significatif à l’actuel débat entre « les ségrégationnistes » qui plaident la pureté du récit se montrant implacablement soit fictionnel, soit référentiel, et « les intégrationnistes » qui donnent la possibilité à une hybridation des deux modes narratifs dans un même récit. Schmitt y traite les deux notions-clés des théories postmodernes : l’autofiction et la figure de l’auteur. Il récuse à l’autofiction le statut de genre et propose une alternative avec le concept d’autonarration, qui ne repose ni sur la notion de véracité (opérationnelle pour l’autobiographie) ni sur celle de vraisemblable (propre au roman réaliste), mais sur la notion d’engagement. L’auteur s’engage à la sincérité et apporte sa propre vérité dans le récit. Cet engagement est la base de négociations avec le lecteur en ce qui concerne la conclusion des pactes de lecture. Mais, il n’exclut pas les renégociations au cours de la lecture et le droit de méfiance de la part du lecteur. Donc, en suivant les pistes pragmatiques dans le traitement de cette problématique, Schmitt bascule dans les théories de la réception en soulignant que « la décision générique finale appartient au lecteur et cette décision s’inscrit dans la pluralité contextuelle d’un événement herméneutique ». Dans cette perspective, l’auteur d’un texte autobiographique se dévoile en tant que figure hantée par l’imaginaire du lecteur. Ce dernier la remplit (tel un personnage) par des sèmes qui dépendent fortement de l’inconscient collectif. Il opérationnalise la personnalisation de l’auteur/narrateur, en fait une figure (parmi tant d’autres) dans le texte. Ainsi, l’auteur, dans son récit autobiographique, devient figure dont le sème dominant investi par le lecteur est l’engagement à la sincérité, et non pas le serment à la vérité. Tels seraient les points déterminants de l’excellent ouvrage d’Arnaud Schmitt.

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Pour citer

Elisaveta Popovska, Je réel / Je fictif. Au-delà d’une confusion postmoderne
Le français à l'université , 16-03 | 2011
Mise en ligne le: 07 octobre 2011, consulté le: 16 janvier 2019

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Auteur

Elisaveta Popovska

Université Saints Cyrille et Méthode (République de Macédoine)

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