Le français à luniversité

Langue et enseignement. Une sélection de 22 manuscrits de Claire Blanche-Benveniste (de 1976 à 2008)

Carla Serhan

Référence de l'oeuvre:

Roubaud, Marie-Noëlle (dir.), (2013), Langue et enseignement. Une sélection de 22 manuscrits de Claire Blanche-Benveniste (de 1976 à 2008), revue TRANEL, numéro 58, 433 pages.

Texte intégral

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1Pour donner suite à l’initiative de Marie-Noëlle Roubaud, la revue TRANEL, de l’Université Neuchâtel, a consacré en 2013 son numéro 58, divisé en trois chapitres, à la publication de 22 manuscrits rédigés entre 1976 et 2008 par la linguiste française Claire Blanche-Benveniste.

2Dans le premier chapitre, intitulé « Du français écrit au français parlé », Blanche-Benveniste donne à l’oral et à sa syntaxe la place qui leur est due. De plus, en se basant sur des corpus écrits et oraux, Blanche-Benveniste montre les différences de fonctions et de fonctionnements entre l’écrit et l’oral et déclare son refus de considérer l’écrit comme une transposition de l’oral. En s’appuyant sur la linguistique générale et l’histoire ainsi que sur des exemples d’écrits, l’auteur expose les pièges de l’orthographe française, « système fossilisé » caractérisé par son « éparpillement » et difficilement exploitable en pédagogie. Elle a été pionnière en prônant avec André Chervel la suppression de l’orthographe.

3Le chapitre 2, « Principes et outils d’analyse », présente les outils d’analyse de la langue parlée et notamment la « mise en grilles », outil qui prend en considération les deux axes syntagmatique et paradigmatique. Cet outil conçu pour l’oral est aussi utilisé pour l’écrit. Quant aux principes d’analyse, la linguiste préconise l’analyse de la construction verbale et non de la phrase, le verbe étant à la fois un constructeur syntaxique et un élément du lexique alors que la phrase est une « unité discursive, aléatoire » et ambigüe, surtout à l’oral. Elle jette en outre un nouveau regard sur l’enseignement de la grammaire en proposant entre autres une terminologie minimale qui éviterait « les complications […] inutiles », selon l’expression de Joëlle Gardes Tamine, coauteure de cette terminologie.

4Le troisième et dernier chapitre, « La langue des élèves », est un prolongement didactique des recherches morphosyntaxiques descriptives. Blanche-Benveniste invite à une réflexion commune entre enseignants et chercheurs qui, à partir de données fournies par les premiers, pourraient faire des propositions d’ordre didactique. La linguiste examine particulièrement la langue d’apparat ou la « langue de dimanche », expression inspirée de Gilles Ménage, et qui s’éloigne de la langue naturelle du locuteur en s’approchant de ce que Blanche-Benveniste appelle la « grammaire seconde », acquise tard, mais peut-être jamais totalement, par opposition à la « grammaire première », acquise tôt. De plus, elle note des exemples bien précis des transformations que pourrait subir la langue en passant de l’oral vers l’écrit, et ce, à travers la technique de mise en grilles. Mais cette différenciation ne se situe pas dans une équivalence supposée entre écrit et langue du dimanche, car cette dernière se retrouve à l’oral comme à l’écrit.

5L’ouvrage se termine par la bibliographie exhaustive de Claire Blanche-Benveniste. La linguiste, décédée en 2010 à l’âge de 75 ans, avait laissé une œuvre considérable constituée de 224 articles et de 19 ouvrages.

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Pour citer

Carla Serhan, Langue et enseignement. Une sélection de 22 manuscrits de Claire Blanche-Benveniste (de 1976 à 2008)
Le français à l'université , 19-02 | 2014
Mise en ligne le: 07 juillet 2014, consulté le: 18 janvier 2019

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Auteur

Carla Serhan

Université de Balamand (Liban)

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