Le français à luniversité

Dynamique langagière au Maroc

Nour-Eddine Fath

Référence de l'oeuvre:

Messaoudi, Leila (dir.), (2013), « Dynamique langagière au Maroc », Langage et société, no 143, mars 2013, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 147 pages.

Texte intégral

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1Ce numéro de la revue Langage et société, intitulé « Dynamique langagière au Maroc », est construit autour d’un dossier consacré au paysage linguistique marocain, celui-ci étant composé de langues locales, dont l’arabe standard, sous sa double forme, classique et moderne, l’arabe dialectal, avec ses différents parlers, et l’amazighe avec ses trois variantes (le tarifit, le tamazight, le tachelhit) et de langues étrangères, dont le français et l’espagnol, héritées de l’ère coloniale et, depuis peu, dans des proportions moindres, l’anglais, utilisé dans les entreprises multinationales et certains établissements supérieurs privés.

2Ce dossier arrive fort à propos pour le Maroc, soucieux de préserver « dans sa plénitude et sa diversité » son identité culturelle, dont il proclame solennellement, dans la nouvelle Constitution, adoptée à la suite du référendum du 1er juillet 2011, qu’elle s’est forgée par la confluence de ses composantes arabe, amazighe et hassanie et s’est enrichie de ses affluents hébraïque, andalou, africain et méditerranéen ; le Maroc qui, aujourd’hui, n’en a pas moins à cœur de promouvoir l’apprentissage et la maîtrise des langues étrangères, entend officiellement sauvegarder et redynamiser, qui plus est dans un esprit égalitaire, les langues nationales de son échiquier linguistique. Ainsi, l’amazighe, cantonnée jusqu’alors dans la seule oralité, sans reconnaissance officielle, reléguée de surcroît dans des domaines de communications non institutionnalisées et tenue ainsi à l’écart des institutions publiques, s’est vu attribuer un nouveau statut et de nouvelles fonctions (promulgation comme langue officielle — au même titre que l’arabe — passage à l’écrit, introduction dans le système éducatif et les médias, etc.).

3L’essentiel du dossier de ce numéro — outre un varia, un rapport et cinq comptes rendus — consiste en cinq contributions offrant un formidable panorama du paysage linguistique marocain, puisque abordant, chacune, à des fins diverses, une composante importante de celui-ci. L’amazighe d’abord, dont Ahmed Boukous, eu égard au contexte sociopolitique désormais favorable, étudie le mécanisme de revitalisation, l’aménagement du corpus et les politiques de soutien ; l’arabe, ensuite, entre les variantes, duquel Abderrahim Youssi plaide pour la mise en place de passerelles ; le français dont, d’une part, Leila Messaoudi interroge le rôle dans la genèse des technolectes, « savants » et « ordinaires », utilisés dans un certain nombre de métiers (la santé, le droit, la mécanique, etc.) et, d’autre part, Hafida El Amrani tente de comprendre l’échec de l’enseignement, se traduisant par un « manque de rendement » et une « baisse de niveau » des étudiants en français ; les parlers arabes juifs, enfin, auxquels Simon Lévy s’est intéressé pour en étudier une dizaine.

4Cette livraison de la revue Langage et société renferme des contributions d’une très grande originalité, tant par la diversité des centres d’intérêt et des terrains d’investigations que par la qualité de la recherche et le cheminement des analyses, et mérite, à ce titre, l’attention pleine et entière des lecteurs.

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Pour citer

Nour-Eddine Fath, Dynamique langagière au Maroc
Le français à l'université , 18-03 | 2013
Mise en ligne le: 24 septembre 2013, consulté le: 20 août 2017

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Auteur

Nour-Eddine Fath

Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (Maroc)

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