Le français à luniversité

Les connecteurs : description, traduction, apprentissage

Nour-Eddine Fath

Référence de l'oeuvre:

Flament-Boistrancourt, Danièle et Anne Trévise, coord., (2011), Les connecteurs : description, traduction, apprentissage, Revue française de linguistique appliquée, vol. XVI-2, décembre 2011, 143 pages.

Texte intégral

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1Ce numéro ambitieux et stimulant de la Revue française de linguistique appliquée aborde la comparaison des langues, par l’analyse contrastée des connecteurs, entre le français, envisagé comme L1 ou L2, et d’autres langues, en l'occurrence l’espagnol, l’italien, le russe, le suédois et l’anglais, elles-mêmes L1 ou L2 des auteurs ou des apprenants. Les travaux rassemblés ici, issus quasiment tous des mêmes préoccupations, à savoir développer les compétences de communication et, le cas échéant, de traduction de l’apprenant, se fondent sur des postures théoriques et méthodologiques distinctes, explorant ainsi, de façons diverses, différents connecteurs.

2Les connecteurs, quoiqu’ainsi ordinairement dénommés, n’en sont pas moins repérés sous des désignations multiples : connecteurs sémantiques, connecteurs pragmatiques, connecteurs discursifs, opérateurs argumentatifs, etc. Ils sont constitués d’expressions linguistiques pluricatégorielles, et ne référent donc pas, à ce titre, à une classe grammaticale particulière, mais à un type de fonctionnement. Dudit fonctionnement, cependant, il existe une multitude de définitions, dont, pourtant, un simple recoupement révèle un point commun entre elles : les connecteurs établissent une connexion aussi bien entre des éléments d'un même énoncé qu’entre des unités discursives plus importantes et sont, à cet égard, porteurs d'une fonction d'organisation du discours, au double niveau microstructurel et macrostructurel.  

3Cette fonction, quoiqu’elle semble conforter l’intuition, n’est toutefois pas l’unique fonction des connecteurs ; ceux-ci, à l’intérieur d’un énoncé, dont on stipule qu’il comporte deux types de morphèmes, ceux qui encodent des concepts, directement liés à la représentation du monde, et ceux qui englobent des procédures portant sur la manipulation des concepts, étant, en effet, considérés comme des morphèmes procéduraux et, donc, porteurs d'une autre fonction, plus importante : guider l’interprétation des énoncés, en donnant précisément des instructions sur la manière de manipuler les morphèmes conceptuels. Les connecteurs jouent donc un rôle capital dans les mécanismes d’interprétation et de compréhension.

4Or, en classe de langue, les apprenants peinent, assez souvent, à saisir l’instruction interprétative associée aux connecteurs, même en L1, et font, symétriquement du coup, de ces derniers un usage maladroit. En bute contre les connecteurs, en production et en compréhension, les apprenants aux prises, le cas échéant, avec leur traduction, s’en trouvent donc d’autant peu aptes à leur trouver des équivalents appropriés. Et à cet égard, les dictionnaires unilingues et bilingues ne leur sont généralement d’aucun secours, ceux-ci, respectivement, ne décrivant, le plus souvent, que de manière peu satisfaisante les propriétés sémantico-discursives des connecteurs et ne fournissant habituellement de ces « petits mots » que des équivalents peu adéquats.

5C’est donc dire toute l’utilité et tout l’intérêt des travaux présentés dans ce numéro de Revue française de linguistique appliquée qui, outre son apport indéniable à la didactique des langues, constitue, collatéralement, une formidable promotion du plurilinguisme et de la diversité culturelle répondant, ainsi, aux priorités et aux besoins actuels des nouvelles politiques linguistiques européennes.

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Pour citer

Nour-Eddine Fath, Les connecteurs : description, traduction, apprentissage
Le français à l'université , 17-03 | 2012
Mise en ligne le: 12 février 2013, consulté le: 16 juin 2019

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Auteur

Nour-Eddine Fath

Université Sidi Mohamed Ben Abdallah (Maroc)

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