Le français à luniversité

Le français : un atout en Afrique

Jean-Paul Mortelette

Texte intégral

1Le français en Afrique est divers : il est tantôt langue nationale, langue partagée, langue étrangère, langue d’opportunités... mais toujours langue incontournable. L’Afrique est le premier continent francophone et le français est la première langue du continent.

2« D’après les prévisions, le nombre de francophones dans le monde pourrait passer de moins de 3 % (taux actuel) à plus de 7 % en 2050. Le rôle de la démographie africaine y sera tellement important qu’il est possible que, dans ce futur proche, 9 francophones sur 10 soient africains »1.

3Aussi, chacun peut trouver un intérêt à aborder cette langue dans le respect et en harmonie avec les autres langues nationales et internationales.

4Les articles ici collectés témoignent de cette diversité des rapports à la langue française, de ses usages et de ses contextes. Dans tous les cas, la maîtrise du français demeure un atout : dans les démarches quotidiennes des hôpitaux congolais, pour le rapprochement des communautés et l’essor professionnel au Tchad, pour l’ouverture sur le continent en Afrique du Sud...

5En Afrique centrale et des Grands Lacs, l’AUF est au cœur de ce bouillon linguistique puisqu’elle compte parmi ses membres des universités francophones, anglophones, hispanophones, lusophones qui, pour des raisons différentes, se retrouvent toutes dans l’intérêt de la langue française. Le Bureau Afrique centrale et des Grands Lacs célébrera d’ailleurs cette diversité et cette complémentarité à l’occasion d’un séminaire régional des départements de français les 25 et 26 octobre 2012 à Yaoundé.

6La Francophonie en Afrique centrale sera aussi sous les feux des projecteurs internationaux lors du prochain Sommet des chefs d’État de la Francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012 en République démocratique du Congo — premier pays francophone du monde en termes de population.

7Néanmoins, au-delà de ce constat assez positif sur la place du français, notamment en Afrique centrale, ces témoignages et les observations que l’on peut faire sur le terrain laissent aussi transparaître un risque de dégradation du niveau de français qui contraste avec son essor quantitatif : de plus en plus de personnes maîtriseraient de moins en moins bien le français.

8La mobilisation des moyens et des compétences pour l’enseignement du français à l’école, dans les universités et en formation continue n’est pas en lien pas avec la démographie francophone. Depuis les indépendances, nous sommes passés d’un français élitiste à une massification de l’apprentissage du français, notamment dans les écoles et les universités, sans parvenir toujours à en préserver la qualité.

9La Francophonie doit relever ce défi. L’OIF et l’AUF s’y attellent déjà avec des initiatives telles que IFADEM ou ELAN qui visent, respectivement, à renforcer la maîtrise du français des enseignants du primaire et la transition entre les langues locales et le français à l’école.

10Aussi, dans le sillage de l’initiative décrite plus bas à l’Université du Cap pour promouvoir un Master FLE de qualité en lien avec les besoins socioéconomiques, le réseau des départements universitaires de français en Afrique centrale et des Grands Lacs sera aussi amené à travailler avec le bureau régional de l’AUF sur des projets structurants pour améliorer la qualité et l’attractivité de leurs filières. Les enjeux de la francophonie universitaire dans la région sont importants, et le séminaire d’octobre à Yaoundé sera en ce sens une étape essentielle.

11Davantage qu’une Francophonie de masse, c’est à une Francophonie de qualité et respectueuse des diversités et du multilinguisme que s’attache l’Agence universitaire de la Francophonie.

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Notes

1 Nouvelles de France, par Eric Martin, le 3 mars 2012 : http://www.ndf.fr/nouvelles-deurope/03-03-2012/grace-a-lafrique-il-y-aura-plus-de-francophones-que-danglophones-en-2030. Il cite l’article de Richard Marcoux publié dans Le Devoir, le 24 novembre 2004 : http://www.ledevoir.com/non-classe/69236/agora-la-francophonie-de-demain.

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Pour citer

Jean-Paul Mortelette, Le français : un atout en Afrique
Le français à l'université , 17-03 | 2012
Mise en ligne le: 08 mars 2013, consulté le: 18 janvier 2019

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Auteur

Jean-Paul Mortelette

Responsable de l’antenne et du CNF de Bujumbura (AUF)

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