Le français à luniversité

OIPULES, un défi pour la cohérence orientation-formation-insertion

Salwa Nacouzi

Texte intégral

1Véritable outil d’insertion pour les étudiants libanais, égyptiens et syriens, le projet TEMPUS OIPULES a été lancé officiellement fin novembre 2011 à Beyrouth, malgré les événements difficiles que traverse le Moyen-Orient.

2Malgré la massification dans les universités du Moyen-Orient et l’entrée en grand nombre d’étudiants dans des filières peu professionnalisées, les pouvoirs publics ainsi que les autorités universitaires se sont très peu penchés sur les débouchés et les métiers que pouvaient offrir les formations universitaires.

3Témoin de cette lacune, la CONFREMO, conférence des recteurs du Moyen-Orient, a voulu affirmer son rôle d’acteur socioéconomique et de médiateur universitaire au Moyen-Orient et s’est proposé de s’engager à mettre en place un outil efficace d’orientation-insertion. Afin de répondre à cette demande, le projet TEMPUS OIPULES (Orientation et insertion professionnelle dans les universités du Liban, de l’Égypte et de la Syrie) a été déposé en février 2011 par l’Université de Poitiers, coordonnateur du projet, en partenariat dans la région avec le Bureau Moyen–Orient et 11 établissements, et a été retenu par la Commission européenne, avec un financement de 1 205 735 euros sur trois ans. Ce projet permettra aux universités partenaires, au Liban (l’Université Libanaise, l’Université Saint-Joseph, l’Université Saint-Esprit de Kaslik, l’École Supérieure des Affaires et l’Université de Balamand), en Égypte (l’Université d’Alexandrie, l’Université Francophone d’Égypte et l’Université du Caire) et en Syrie (l’Université d’Alep et l’Université de Damas) de mettre en place un portail d’information sur les filières de formation et leurs débouchés professionnels, ce qui facilitera d’un côté l’insertion professionnelle des étudiants, et d’un autre côté le développement de la formation au profit des besoins du marché du travail. Avec l’aide de l’ONISEP et des universités de Poitiers (France), Coimbra (Portugal) et Iasi (Roumanie), le portail d’information sera développé à l’instar du portail « Vocasciences », mis en place à l’Université de Poitiers. Dans un premier temps, ce logiciel réunira principalement des données sur des formations dans les domaines des sciences et de l’économie-gestion-finance, aidant ainsi les étudiants à identifier leur formation en fonction de leurs intérêts, de leurs goûts disciplinaires et de leurs affinités.

4L’aspect professionnel ne sera pas laissé pour compte, puisque ce portail fournira également des informations sur les métiers, les débouchés ainsi que les niveaux de salaire en cours dans la région.

5Par ailleurs, OIPULES prévoit de mettre en place dans les universités partenaires un « Centre des métiers et de l’insertion professionnelle » qui fonctionnera comme un centre d’orientation et de liaison avec les entreprises, et dont le but est d’accompagner les étudiants dans leurs démarches vers le monde professionnel : rédaction de CV, préparation à l’entretien d’embauche, recherche de stages... Tous ces dispositifs devraient aider l’étudiant à mieux s’orienter dans son parcours universitaire et à préparer davantage son devenir.

6Dans le cadre de la première action prévue par le projet, les équipes pilotes de chaque établissement partenaire au Moyen-Orient, composées d’un responsable administratif, d’un assistant et d’un informaticien, et qui devront mener sur le terrain toutes les actions du programme OIPULES, ont effectué un stage en Europe en janvier 2012. Ainsi, 33 personnes ont été initiées au modèle d’organisation et de présentation des offres de formation dans les trois universités européennes, ont visité des organismes d’orientation professionnelle, des confédérations patronales, des chambres des métiers, des services universitaires d’orientation et d’insertion et ont été formées sur le concept VOCA. Cette formation leur a donné les bases nécessaires afin de démarrer la prochaine action, étalée sur quatre mois, à savoir le recensement « métiers locaux », travail de terrain permettant de lister les métiers existant sur le marché du travail par pays (Égypte, Liban, Syrie) et de rédiger des fiches métiers. Une mission d’encadrement de l’ONISEP successivement dans les trois pays permettra de veiller au bon déroulement de cette activité. Ensuite, un représentant de chaque université européenne se rendra dans un des pays tiers afin de les aider dans l’action « recensement emplois ». Cette dernière aboutira au classement des métiers locaux en grands secteurs d’activité, à l’établissement d’une liste d’entreprises concernées et à la recherche des statistiques d’insertion. Une réunion d’harmonisation se tiendra au Liban en septembre 2012 afin de faire le point sur l’avancement de cette première étape de recensement dans chaque pays.

7À retenir : OIPULES se veut un outil d’aide à la prise de décision au bénéfice des étudiants et de lien avec les entreprises, afin de tamiser plus judicieusement leurs choix d’universités, de formations et de carrières professionnelles.

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Pour citer

Salwa Nacouzi, OIPULES, un défi pour la cohérence orientation-formation-insertion
Le français à l'université , 17-01 | 2012
Mise en ligne le: 06 mars 2012, consulté le: 25 mars 2019

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Auteur

Salwa Nacouzi

Directrice du Bureau Moyen-Orient

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