Le français à luniversité

Le Japon, acteur de la Francophonie. Enjeux intérieurs, enjeux extérieurs

Altangul Bolat

Référence de l'oeuvre:

Graziani, Jean-François et Noriyuki Nishiyama (dir.), (2016), Le Japon, acteur de la Francophonie. Enjeux intérieurs, enjeux extérieurs, Archives contemporaines, Paris, 160 pages.

Texte intégral

1L’ouvrage Le Japon, acteur de la Francophonie regroupe des articles sur les enjeux intérieurs et extérieurs de la langue ainsi que la culture française au Japon. Ces articles abordent également le statut du français à l’intérieur de la société japonaise.

2La première partie de l’ouvrage aborde le thème des enjeux intérieurs, soit l’enseignement global de la langue française au pays, la situation actuelle de l’enseignement et la difficulté rencontrée par les Japonais à apprendre celle-ci. Le Japon n’est ni un pays francophone ni un pays francophile. Malgré tout, l’enseignement et l’apprentissage du français ont progressé au XIXe siècle, à une période où les portes du pays étaient presque entièrement fermées au reste du monde. À cette époque, la langue française a servi d’outil de transmission de la civilisation occidentale au Japon. Ainsi, comme l’a très bien souligné le Professeur Hidehiro Tachibana dans son article, le français fonctionne comme langue de modernité par excellence. Celui-ci est enseigné tout comme d’autres langues étrangères telles que le russe, l’allemand et l’anglais. L’article de Nobutaka Miura présente l’évolution de l’image de la France auprès des Japonais par la comparaison de la politique de pluralité.  

3La seconde partie de l’ouvrage traite des enjeux extérieurs et du rôle de l’enseignement du français et de la francophonie au Japon en donnant l’exemple de l’activité de l’Alliance française en Extrême-Orient, notamment en Chine, au Japon et en Indochine. Cette partie se penche également sur l’image des Français au Japon, la question de la pluralité et de la monogalité des langues étrangères dans la région ainsi que sur les usages francophones et l’anglicisation auprès de l’ASEAN. Paul Vibert l’écrivait dans son article au début du XXe siècle : les Japonais considéraient les Français de l’Extrême-Orient sur le plan historique.

4Je considère que les Japonais sont pionniers dans l’utilisation du CECR en Asie. La traduction japonaise du CECR a vu le jour en 2004 à l’initiative d’un groupe de germanistes avec le soutien de l’Institut Goethe (Nishyiamam : 2009) alors que celle du mongol a été publiée en 2012 à l’initiative du groupe des chercheurs de l’Université Nationale de Mongolie.

5Cet ouvrage nous montre un bel exemple de l’enseignement du français et de la politique des langues au Japon. À l’heure actuelle, l’usage des langues étrangères est en mutation et les expériences de l’enseignement du français au Japon expriment ce besoin dans un contexte économique et social. C’est une idée innovante d’avoir publié ce genre d’ouvrage qui donne une multitude d’informations claires et importantes relatives à la recherche sociale et pédagogique. Les enseignants de français au Japon offrent un exemple intéressant dans le domaine de l’enseignement et de la recherche.

6Pour conclure, citons Sylvain Detey dans l’article « Plurilinguisme, usages francophones et anglicisation, de l’Afrique à l’ASEAN : quelles implications éducatives pour le français au Japon ? » qui s’exprime comme suit : « … le Japon acteur de la francophonie, c’est aussi, pour le français, être acteur du développement, externe et interne, du Japon ». Ce livre nous révèle ainsi que le pays du Soleil levant est devenu un grand acteur de l’enseignement du français dans la zone Asie-Pacifique.

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Pour citer

Altangul Bolat, Le Japon, acteur de la Francophonie. Enjeux intérieurs, enjeux extérieurs
Le français à l'université , 22-02 | 2017
Mise en ligne le: 06 juin 2017, consulté le: 21 octobre 2017

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Auteur

Altangul Bolat

Université Nationale de Mongolie (Mongolie)

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