Le français à luniversité

Langues et littératures dans la région des Grands Lacs

Roseline Rabin

Référence de l'oeuvre:

Nkejabahizi, Jean Chrysostome et Jean-Paul Mortelette (coord.), (2014), « Langues et littératures dans la région des Grands Lacs », Synergies Afrique des Grands Lacs, numéro 3, Revue du Gerflint, Sylvains les Moulins (France), 233 pages.

Texte intégral

1La région des Grands Lacs est tristement célèbre pour ses conflits et ses atteintes aux droits de l’Homme. La haine a pour origine et conséquence un imaginaire négatif de l’autre véhiculé à la fois par l’afropessimisme colonial ou postcolonial et par les productions négro-africaines, qu’il s’agisse de l’orature traditionnelle ou de la littérature moderne. La construction de la paix passe donc par un renouvellement de la pensée. Celui-ci dépend de deux facteurs : la création d’un champ littéraire commun à la région et la défense et la modernisation de l’enseignement de la littérature et des langues. En effet, loin d’être inutiles, l’étude de la littérature et la production de nouveaux textes permettent de développer le sens critique et de déconstruire les identités traditionnelles meurtrières. Quant à la modernisation de l’enseignement, elle passe par le choix des contenus, la langue d’enseignement, les méthodes interactives et la prise en compte de l’intermédialité.

2Comment la frontière entre le même et un autre déprécié à outrance est-elle construite dans la littérature européenne sur l’Afrique et dans les productions négro-africaines ? Quelle méthodologie adopter lorsqu’on s’aventure dans un projet d’écriture collaborative internationale ? Quelles graines a-t-on le plaisir de semer ? Quels obstacles et limites rencontre-t-on ? Quels auteurs renouvellent la pensée de leur propre initiative ? Quels moyens emploient-ils ? Pourquoi et comment enseigner la critique et l’écriture littéraires ? Anglais, français, langue maternelle, langue nationale ? Quelle langue, à quel niveau, constitue un meilleur outil d’apprentissage, un apport pour la cohésion nationale et une ouverture sur le monde ? Si l’enseignement ne doit plus être vertical, comment interagir avec les élèves ? Comment choisir un corpus susceptible de les intéresser tout en respectant les exigences académiques ? Comment élaborer un corpus par genre tout en tenant compte des perspectives nationales, africaines et internationales ? Quand il s’agit d’étudier les littératures nationales ou négro-africaines, quelle part réserver aux œuvres francophones, anglophones, écrites en langue nationale ? Quand il s’agit d’étudier la francophonie, comment intégrer les œuvres françaises, mais aussi celles des autres pays francophones ? Pourquoi l’intermédialité dans l’étude de la littérature et de la langue ? Quels médias doivent-ils être envisagés en priorité, et de quelle façon ? Comment bâtir une séquence de cours en intégrant ces données ?

3Partant d’un constat passé et présent sur la littérature, sa production, sa critique, son enseignement, l’enseignement des langues et l’enseignement en général, le numéro 3 de Synergies Afrique des Grands Lacs apporte des pistes originales et argumentées pour des réformes heureuses dans ces domaines. Il constitue une mine d’informations précieuses pour les artisans de la paix, les décideurs éducatifs et les enseignants de littérature et de français langue étrangère, où qu’ils soient, en Afrique ou ailleurs. En effet, la transformation des relations internationales par l’entremise de la littérature et de son enseignement concerne les pays africains entre eux, mais aussi la perspective Nord-Sud ou la globalisation.

4Éditions en ligne : http://gerflint.fr/Base/Afrique_GrandsLacs3/AfGrandsLacs3.html

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Pour citer

Roseline Rabin, Langues et littératures dans la région des Grands Lacs
Le français à l'université , 20-03 | 2015
Mise en ligne le: 10 septembre 2015, consulté le: 19 janvier 2019

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