Le français à luniversité

L’évaluation des productions complexes en français langue étrangère / seconde dans l’enseignement supérieur

Adela Drăgan

Référence de l'oeuvre:

Demeuse, Marc, Marie-Christine Fougerouse, Guilhène Maratier-Declety, (2013), L’évaluation des productions complexes en français langue étrangère / seconde dans l’enseignement supérieur, L’Harmattan, Paris, 174 pages.

Texte intégral

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1Issu d’un colloque international portant sur l’évaluation des productions complexes en français langue étrangère et seconde (FLE/FLS) dans l’enseignement supérieur, c’est-à-dire les compétences d’un étudiant de s’exprimer à l’écrit, à l’oral et à interagir avec un enseignant, un chercheur ou ses pairs (p. 13), l’ouvrage réunit 10 articles appartenant à des spécialistes représentant des institutions françaises et belges. Quatre axes de réflexion correspondant aux quatre parties de l’ouvrage sont visés (p. 14) : la complexité des exigences universitaires du point de vue des attentes en ce qui concerne les compétences de compréhension ou production orale requises, l’importance du positionnement des apprenants allophones dans les centres de langues en France en vue de constituer des groupes de niveau évolutifs pour mieux les préparer aux exigences universitaires (à travers les tests diagnostics), les auxiliaires pédagogiques destinés aux enseignants et aux apprenants en fonction de leurs objectifs, l’enjeu scientifique et sociétal de l’acte d’évaluation.

2Les articles relèvent des préoccupations de leurs auteurs de rechercher des instruments pour les apprenants et des techniques de travail pour les enseignants, en cohérence avec le Cadre européen commun de référence pour les langues (présenté du point de vue critique, avec ses avantages et ses ambiguïtés) et la démarche actionnelle qu’il envisage. Issus d’expériences riches et complétés par des annexes reproduisant des fiches ou des extraits de tests, les articles répondent à la problématique annoncée, en insistant sur le rôle des formateurs dans la formation et dans l’évaluation. Présentée comme corolaire de l’apprentissage des langues, où l’accent est mis sur la contextualisation des acquis (envisagée comme facteur de motivation pour l’apprenant), l’évaluation, avec sa complexité, constitue l’élément phare des recherches présentées dans le volume, qu’elle soit diagnostique (donc, non diplômante), formative ou certificative. Une complexité facile à repérer au niveau des savoirs évalués, des attentes en décor académique ou au niveau de certains paramètres implicites qui s’y insinuent, telles la scientificité ou l’identité culturelle.

3Étant donné le contexte actuel de mise en place des compétences linguistiques et culturelles ou interculturelles dans une société de la connaissance, permettant la mobilité des étudiants et l’augmentation de leurs compétences professionnelles, l’intérêt pour la qualité des instruments et de la fidélité/fiabilité de l’évaluation des connaissances de langue apparaît à la fois comme objectif et comme point fort de l’activité didactique. C’est dans ce cadre que l’évaluation se donne entre autres la peine d’échapper à la subjectivité.

4Tout en s’accordant sur le niveau B2 comme niveau seuil pour les allophones désireux de suivre des études en France et sur le statut privilégié du discours oral dans l’évaluation des productions complexes autour desquelles tournent les réflexions des auteurs, ceux-ci présentent leurs arguments pour les propositions de tests qu’ils font, avec des repères d’emploi exacts. La place des compétences culturelles apparaît comme un volet insuffisamment clarifié et exploité dans l’évaluation, et c’est pourquoi les auteurs tentent de provoquer une recherche de solutions tout à fait justifiée.

5L’intérêt pour la compétence de compréhension du discours des cours magistraux et pour la capacité de production écrite « académique » fait apparaître les aspects cognitifs mis en place lors de ces activités et les problèmes de conception des descripteurs et des outils d’évaluation.  

6Convaincant dans son ensemble et offrant tout autant de sujets de réflexion que d’instruments de travail, bien rigoureux et détaillés, le volume invite à une amélioration constante des techniques didactiques et au partage de tout ce qui assure une remise à jour des paramètres susceptibles d’influencer l’évaluation des compétences d’un étudiant. Tout acteur impliqué dans le travail d’évaluation se voit ainsi obligé à rester connecté aux réalités d’un processus qui ne cesse de s’adapter.

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Pour citer

Adela Drăgan, L’évaluation des productions complexes en français langue étrangère / seconde dans l’enseignement supérieur
Le français à l'université , 19-03 | 2014
Mise en ligne le: 16 septembre 2014, consulté le: 25 mai 2019

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Auteur

Adela Drăgan

Université Dunarea de Jos de Galati (Roumanie)

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