Le français à luniversité

Construction des connaissances sociolinguistiques. Variation et contexte social

Chiara Molinari

Référence de l'oeuvre:

Gadet, Françoise (dir.), (2012), Construction des connaissances sociolinguistiques. Variation et contexte social, Cahiers de linguistique, vol. 38, n° 1, E.M.E. & Intercommunications S.P.R.L., Fernelmont, 213 pages.

Texte intégral

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1Dans ce numéro des Cahiers de linguistique, Françoise Gadet propose un questionnement sur la sociolinguistique afin de mieux en cerner les contours et de faire le point sur les relations que celle-ci entretient avec la linguistique. Les contributions ici réunies sont précédées d’une introduction où F. Gadet rappelle quelques-unes des problématiques principales auxquelles la sociolinguistique a dû et doit faire face, telles que son histoire disciplinaire, les données employées pour la constitution des corpus, son positionnement aux marges des sciences du langage (et donc la question des frontières entre faits linguistiques internes et externes) et le concept de style. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les contributions qui suivent.

2P. Cappeau interroge les critères employés pour la mise en place des métadonnées et montre non seulement que celles-ci ont changé dans le temps, mais qu’elles sont insuffisantes pour caractériser un corpus. Ensuite, F. Gadet et E. Guérin remettent en cause le principe du variationnisme qui consiste à poser un lien entre identité des sujets et caractérisation sociodémographique et proposent une approche écologique (celle qui a été adoptée dans le cadre du projet Multicultural Parisian French), notamment là où il s’agit d’explorer des pratiques langagières dynamiques. De son côté, Ph. Hambye critique l’attitude — typique de la linguistique moderne — consistant à séparer le langage des autres pratiques sociales et propose un dispositif plus complexe où les pratiques langagières sont considérées dans leurs interrelations avec les pratiques sociales. Ch. Mair et V. Lacoste se penchent sur les usages contemporains du créole jamaïcain (lequel a connu une diffusion progressive et a acquis un certain prestige) et de l’anglais jamaïcain standard et montrent que les locuteurs constituent des communautés de pratiques langagières reliées entre elles et qui se rattachent à une sociolinguistique de la globalisation multilingue de par sa nature. À travers la comparaison de sources écrites et orales, F. Martineau présente une réflexion sur la sociolinguistique historique, dont l’apport méthodologique consiste à mettre l’accent sur l’imbrication entre oral et écrit, à élargir la vision des communautés linguistiques et, enfin, à souligner l’importance d’une approche interdisciplinaire où se croisent linguistique, anthropologie, psychologie sociale, histoire et littérature. En analysant le cas d’une langue en danger, le Pitkern-Norf’k, P. Mühlhausler réfléchit à l’importance de la graphie pour la vitalité des langues et montre que le choix de la graphie est d’abord un problème social et non seulement technique. K. Ploog porte son regard sur la syntaxe et, en analysant le phénomène du dequeísmo espagnol, prouve que la prise en compte de catégories grammaticales cache la dynamique structurelle. Enfin, H. Völeker réfléchit aux relations que la linguistique variationnelle entretient avec la sociolinguistique, d’une part, et avec la new philology, de l’autre.

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Pour citer

Chiara Molinari, Construction des connaissances sociolinguistiques. Variation et contexte social
Le français à l'université , 18-02 | 2013
Mise en ligne le: 25 juin 2013, consulté le: 25 mai 2019

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Auteur

Chiara Molinari

Università degli Studi di Milano (Italie)

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