Le français à luniversité

L’imparfait français et ses traductions en anglais : approche méta-opérationnelle

Rima Baraké

Référence de l'oeuvre:

Gabilan, Jean-Pierre, (2011), L’imparfait français et ses traductions en anglais : approche méta-opérationnelle, coll. « Langages », Université de Savoie, Chambéry, 103 pages.

Texte intégral

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1L’imparfait est l’un des temps les plus étudiés de la langue française. Vu le grand nombre de valeurs qu’il peut présenter, il a fait l’objet de très nombreux articles, ouvrages et thèses, qu’il s’agisse d’études linguistiques (Manuel de linguistique pour les textes littéraires [Maingueneau]), stylistiques (Éléments de stylistique française [Molinié]), syntactico-sémantiques, grammaticales (Le bon usage [Grevisse]) ou autres. Cependant, bien qu’il soit très étudié, la confusion règne toujours dans l’esprit de beaucoup de personnes, telles que les élèves (locuteurs natifs ou apprenants étrangers) qui essaient d’apprendre le mode d’emploi des temps verbaux, ou les traducteurs qui veulent traduire l’imparfait vers d’autres langues, l’anglais entre autres.

2Dans son ouvrage L’imparfait français et ses traductions en anglais : approche méta-opérationnelle, Jean-Pierre Gabilan part du fait que lier l’utilisation de tel ou tel temps à la réalité extralinguistique est la raison qui rend la compréhension de la grammaire en général, et de la grammaire du français en particulier, difficile, voire impossible. Avant lui, d’autres linguistes, tel Harald Weinrich, avaient déjà dénoncé cette confusion entre le temps comme instance extralinguistique et le temps de la langue. Weinrich affirme ainsi, dans son ouvrage Le Temps, que « la situation extra-linguistique n’est pas absente du système temporel. Mais son apport déterminatif est limité aux situations de commentaire. Elle n’intervient pas dans le monde raconté, qui doit s’en remettre aux moyens purement linguistiques […] » (Weinrich, 1964 : 116).

3Gabilan remet donc en question tout le système de conjugaison de la langue française et présente une nouvelle approche de ce système, fruit de l’application de la linguistique méta-opérationnelle, fondée par Henri Adamczewski dans les années 1970. Le principe de la grammaire méta-opérationnelle, qui à l’origine fut appliqué à la langue anglaise, « c’est non seulement que l’énoncé de surface est le résultat d’opérations mises en œuvre par un énonciateur porteur de la grammaire d’une langue, mais encore que ces opérations (qu’il appartient au linguiste de découvrir et de spécifier de façon précise) sont d’une façon ou une autre récupérables dans l’énoncé linéaire de surface. En d’autres termes, les énoncés observables — le discours — charrient une métalangue naturelle qu’il importe de déchiffrer pour accéder aux opérations ou aux principes grâce auxquels l’énoncé a été produit. » (Adamczewski, 1997)

4Une fois la présentation de cette nouvelle approche terminée, Jean-Pierre Gabilan aborde la question de la traduction de l’imparfait vers l’anglais. Nous savons très bien que le découpage de la réalité s’effectue différemment d’une langue à une autre ; il en est de même pour les items grammaticaux qui n’appartiennent pas à des catégories fixes et universelles. Autrement dit, il n’y a pas un seul équivalent pour l’imparfait français, et Gabilan le montre très bien : « l’imparfait a un spectre d’emplois bien plus large que chacun des opérateurs que l’anglais offre comme candidat potentiel pour le traduire. » (p. 41) Il détaille ainsi les différents opérateurs de l’anglais qui peuvent être utilisés pour traduire l’imparfait du français et termine son ouvrage par des exemples de traduction du français vers l’anglais d’extraits à l’imparfait, donnant de chaque exemple une explication qui permettrait notamment aux candidats aux concours qui comportent des épreuves de traduction d’acquérir les outils d’analyse nécessaires pour une bonne traduction de l’imparfait.

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BIBLIOGRAPHIE

Adamczewski, Henri, (1997), « La genèse de l’énoncé ou les opérations de mise en discours » (linguistique.org) (page consultée le 25 mars 2012).

Grevisse, Maurice, (1969), Le bon usage, Gembloux, Duculot.

Maingueneau, Dominique, (2010), Manuel de linguistique pour les textes littéraires, Paris, Armand Colin.

Molinié, Georges, (1986), Éléments de stylistique française, Paris, PUF.

Weinrich, Harald, (1964) [1973], Le Temps (trad. Michèle Lacoste), Paris, Seuil.

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Pour citer

Rima Baraké, L’imparfait français et ses traductions en anglais : approche méta-opérationnelle
Le français à l'université , 17-02 | 2012
Mise en ligne le: 24 mai 2012, consulté le: 20 mars 2019

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Auteur

Rima Baraké

Université Libanaise (Liban)

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