Le français à luniversité

Translationes, no 3 : (In)Traductibilité des noms propres

John Humbley

Référence de l'oeuvre:

Lungu-Badea, Georgiana, Alina Pelea (dir.), (2011), (In)Traductibilité des noms propres, Translationes, no 3, Centre d’études de la traduction de l’Université de l’Ouest, Timisoara, Roumanie, 301 pages.

Texte intégral

Image1

1Le nom propre est depuis longtemps le parent pauvre de la linguistique, et sans doute encore plus de la traductologie. Il est donc agréable de pouvoir signaler la parution d’un numéro spécial d’une revue consacré à la traduisibilité des noms propres. Il fait suite à une série de publications déjà parues depuis quelques années dans différents pays, qui témoignent du regain d’intérêt pour ce sujet injustement négligé. Il n’est malheureusement pas possible, dans la place allouée, d’évaluer individuellement chaque contribution, et les lignes qui suivent seront donc consacrées à l’évocation de quelques-uns des nombreux thèmes évoqués dans ces pages.

2Tant les auteurs représentés dans ce volume que les membres du comité scientifique sont des personnes reconnues dans le domaine et qui font autorité sur la question. Comme le fait remarquer la rédactrice en chef dans sa présentation, la question centrale de la traduisibilité des noms propres est abordée de deux façons, linguistique (théorisation sémantique en particulier) et traductologique. Cette dernière prédomine, mais on doit avouer qu’elle fait bon ménage avec la linguistique.

3Le principal représentant de l’approche linguistique est Jean-Louis Vaxelaire, auteur de l’étude la plus exhaustive de la lexicologie du nom propre, qui explique pourquoi la plupart des théories linguistiques postulaient contre toute évidence leur intraduisibilité. Il propose une série de critères qui expliquent la traduction ou la non-traduction de ces éléments. En effet, outre les types de noms propres, leur traduction dépend également de facteurs aussi variés que l’époque, la langue concernée, le pays, le genre textuel et l’interaction entre eux. Cette variabilité et ses répercussions pour la traduction constitueront le principal fil conducteur de ce recueil.

4Les articles sur la traduction littéraire comptent plusieurs spécialistes bien connus du public francophone, comme Michel Ballard, qui étudie le rôle de la motivation et qui situe explicitement son étude dans le cadre de la traductologie. D’autres articles portent sur divers aspects de la variation, tels que les usages fluctuants dans les traductions vers le portugais du Brésil, et sur différents types de noms propres concernés, par exemple les emplois figuratifs. Certains auteurs comparent le traitement des noms propres dans un grand nombre de traductions d’une même œuvre littéraire, tandis que d’autres se focalisent non seulement sur un seul document, mais même sur un seul nom propre, traité alors, comme il se doit, en profondeur. Le nombre de langues concernées est impressionnant. Les principales langues européennes sont convoquées à différents titres, celles de l’Europe occidentale étant particulièrement bien représentées (le roumain, le bulgare, le macédonien), sans oublier l’afrikaans et le mundang. L’article sur cette langue africaine concerne avant tout les aspects phonétiques, phonologiques et graphiques, souvent négligés dans ce genre d’étude.

5Certains thèmes importants sont traités en profondeur. Nous avons signalé à ce titre la variabilité, dont les contours sont examinés de plusieurs points de vue, mettant en lumière les enjeux pour la traduction. D’autres aspects, comme celui de la traduction pragmatique, sont en revanche à peine effleurés. Le présent volume apporte beaucoup, mais il reste visiblement encore beaucoup à faire.

Haut de page

Pour citer

John Humbley, Translationes, no 3 : (In)Traductibilité des noms propres
Le français à l'université , 17-01 | 2012
Mise en ligne le: 24 mars 2014, consulté le: 25 août 2019

Haut de page

Auteur

John Humbley

Université Paris Diderot — Paris 7 (France)

Haut de page