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Le français à l’université est un bulletin trimestriel d’information et de liaison qui s’adresse aux enseignants et chercheurs des départements d’études françaises, filières francophones, centres de langue et centres d’études ou de recherche sur la francophonie. « Le français en (première) ligne » : un « zeste » de communication en ligne à intégrer à l’enseignement du français et à la formation des enseignants de françaisL’idée du projet « Le français en (première) ligne », axé sur l’emploi d’Internet comme outil de communication pédagogique entre des apprenants aux besoins différents mais complémentaires, est née il y a presque 10 ans maintenant. À l’époque, j’étais lecturer au département de français de l’Université de Sydney, en Australie, et j’étais à la recherche d’un moyen de rendre l’enseignement du français plus vivant. En effet, l’exposition des apprenants australiens à cette langue était très faible. Par ailleurs, je savais qu’en France les étudiants qui se destinaient à l’enseignement du français langue étrangère souffraient de ne pas avoir de « vrais apprenants » avec lesquels construire une relation pédagogique. L’association de ces deux publics m’a donc conduite à proposer ce projet dans le double objectif de :
Au départ, il s’agissait d’un dispositif de communication asynchrone, à partir d’un forum. Puis, le projet a évolué parallèlement aux possibilités techniques. Aujourd’hui, de nombreux outils permettent d’ajuster la communication au contexte sociotechnique. Ainsi, depuis 2006, grâce à différents outils de communication synchrones, les étudiants de l’Université Lumière-Lyon 2 et ceux de l’UC Berkeley ont été mis en relation au même moment (mais à des heures différentes dans chaque pays). On trouvera sur le site http://w3.u-grenoble3.fr/fle-1-ligne/ les tâches proposées en ligne (en asynchronie et en synchronie) depuis 2002, ainsi que des exemples d’interactions auxquelles ces tâches ont donné lieu. Partir de la situation d’enseignement en présentiel De plus en plus de formations et d’enseignements sont qualifiés d’hybrides, en ce sens qu’ils incluent des séances présentielles et des échanges à distance. Ainsi, « Le français en (première) ligne » est axé sur deux cours en présentiel (futurs enseignants d’un côté, apprenants de l’autre). Pour fonctionner de façon harmonieuse, la communication en ligne doit s’inscrire dans le programme de chacune des deux formations. Il peut être intéressant de repérer les besoins qui seraient les vôtres dans l’éventualité d’un partenariat de ce type. Trouver un partenaire et négocier un accord pédagogique La qualité de l’articulation pédagogique à construire avec le partenaire du pays étranger est primordiale pour assurer la bonne insertion des échanges au cours du déroulement du programme dans les deux classes. Les huit ans d’expériences menées entre différents partenaires ont privilégié le modèle suivant : un responsable de cours formant de futurs enseignants de FLE se met d’accord avec un responsable de cours de français à l’étranger. Cette alliance fonctionne bien, surtout quand elle est construite dans le respect des intérêts de chacun des partenaires : tout enseignant dépend d’un système éducatif qui a ses règles, plus ou moins flexibles selon les cas, et c’est en s’appuyant sur les jeux possibles dans les deux contextes d’enseignement et d’apprentissage que les articulations les plus fructueuses pour chacun peuvent être trouvées. Il faut également noter que la qualité de l’échange pédagogique s’affine et s’enrichit d’année en année et que, de fait, le désir mutuel de poursuivre le projet amène souvent à le reconduire sur plusieurs années. Choisir les outils de communication Les outils asynchrones Les outils synchrones Construire un dispositif pédagogique adapté aux possibilités : • techniques • spatiotemporelles Adapter la communication selon les besoins des partenaires Les membres du projet doivent discuter des variables évoquées dans cette rubrique, car celles-ci sont susceptibles d’aboutir à des accords très différents selon les intérêts et les besoins des partenaires. • Le rythme ou la périodicité des échanges au cours de l’année • Le niveau des étudiants • Le nombre d’étudiants • Le contenu du cours Comme le montre la brève présentation qui précède, « Le français en (première) ligne » est avant tout une idée, une coquille qu’il convient de personnaliser selon son contexte d’enseignement et celui du partenaire qu’on choisit. À l’heure actuelle, les propositions de classes d’apprenants sont beaucoup plus nombreuses que celles de classes de futurs enseignants. C’est pourquoi mes encouragements à se lancer dans l’aventure de la communication en ligne s’adressent surtout aux enseignants de partout dans le monde. Après tout, ce sont eux qui sont chargés de former la prochaine génération d’enseignants de langues. Ils doivent prendre la mesure des apports de la mise en relation d’étudiants qui n’ont rien de virtuel et, plus généralement, de l’importance des médias sociaux dans l’enseignement et l’apprentissage des langues [3]. / CHRISTINE DEVELOTTE |