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Le français à l’université est un bulletin trimestriel d’information et de liaison qui s’adresse aux enseignants et chercheurs des départements d’études françaises, filières francophones, centres de langue et centres d’études ou de recherche sur la francophonie. L’IFADEM : des ressources pédagogiques pour la formation des instituteurs et l’enseignement du français en accès libreAfin d’améliorer les compétences de leurs instituteurs, le Bénin, le Burundi et Haïti conçoivent de nouveaux supports d’autoformation pour l’enseignement du français. Sous l’impulsion de l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), les ministères en charge de l’éducation de ces trois pays de l’espace francophone mettent en place une formation nouvelle et « certifiante » pour leurs instituteurs en activité. Cette entreprise est l’aboutissement d’une démarche engagée en 2006, au Sommet de la Francophonie de Bucarest, en réponse au défi lancé par l’ONU : l’éducation pour tous en 2015 [1]. L’Agence universitaire de la Francophonie et l’Organisation internationale de la Francophonie, soutenues par la Conférence des ministres de l’Éducation des pays ayant le français en partage (CONFEMEN), conçoivent alors un dispositif de formation continue pour l’enseignement du français au primaire. L’IFADEM cible prioritairement des pays qui sont fragilisés par des conflits récents et dont les systèmes éducatifs doivent composer avec une forte démographie – « la population en âge d’être scolarisée en Afrique devrait augmenter de 1,7 % par an au primaire [2] » –, avec un manque de moyens et de compétences, et avec une fracture numérique qui rendent difficile leur modernisation. Dans Le défi enseignant, publié en 2009, le Pôle d’analyse sectorielle de Dakar explique : « Un enjeu tout aussi important que le recrutement en nombre suffisant d’enseignants en Afrique réside dans la capacité de ceux-ci à dispenser un enseignement de qualité. Sur ce plan, les inquiétudes sont justifiées tant les performances en matière de qualité des apprentissages sont préoccupantes sur le continent. » Afin de remédier à « la médiocrité des services éducatifs », l’UNESCO plaide en faveur de la mise en œuvre de mesures destinées à relever le niveau de formation et de professionnalisation des enseignants. C’est cet objectif que se propose d’atteindre l’IFADEM. 2007 – 2010 : L’expérimentation de l’initiative dure quatre ans La formation vise à améliorer et à diversifier l’enseignement du français à l’école primaire. Dans cette perspective, elle prévoit un parcours d’environ 200 heures, dispensé en partie à distance, ponctué de regroupements de deux ou trois jours et encadré par un tutorat de proximité. Des outils pédagogiques conçus par des équipes nationales et internationales sont publiés et utilisés pour former, dans les trois pays où se déroule l’expérimentation, près de 2 000 instituteurs en poste dans des zones rurales. À ce jour, cinq livrets IFADEM de formation pédagogique ont été édités au Burundi, et cinq au Bénin. En février, un sixième volume sera publié. Quant à Haïti, elle devrait disposer de six livrets en 2010 [3].
Des supports nationaux pour la formation professionnelle Les opérateurs francophones et leurs experts scientifiques conçoivent l’initiative en accordant la priorité à une forte contextualisation des contenus pédagogiques : la formation doit tenir compte des spécificités éducatives, socioculturelles et sociolinguistiques des pays qui déploient l’IFADEM. Dominique Pierre, coordinatrice de l’IFADEM à Haïti, déclare dans un entretien pour le site Franc-parler : « L’approche de l’IFADEM est nouvelle en ce qu’elle s’intéresse aux vrais besoins d’enseignement en matière de langue française. Les instituteurs ont senti qu’on allait s’occuper de leurs problèmes [4]. » En effet, des études préalables sur les besoins des instituteurs permettent de construire des programmes qui sont à la fois inspirés des méthodologies du français langue étrangère et seconde (FLES) et adaptés aux réalités nationales.
De la même façon, on tient compte du niveau de français des instituteurs en formation. L’IFADEM teste tout son public (ou une partie de celui-ci) en amont, et les rédacteurs adaptent leurs productions en fonction des résultats. Ainsi, à Haïti, la première moitié du programme est consacrée à une remédiation linguistique. Si les contenus sont ancrés dans le contexte national, l’architecture des livrets est, elle, commune à tous les pays. Les experts linguistes [5] sollicités au moment de la conception du dispositif expliquent sur le site www.ifadem.org : « On part d’une interrogation sur les pratiques de classe des enseignants, on apporte des savoirs nécessaires qu’on intègre, dans des activités variées, à des savoir-faire spécifiques et, enfin, on propose une remédiation à expérimenter dans la classe. [...] La structure des modules répond à la fois aux principes de la formation à distance, qui doit viser l’autonomie progressive des enseignants, et à ceux de la didactique contemporaine des langues. » Une intégration des TIC aux programmes de formation
En plus : des ressources pour la classe
/ MARION ALCARAZ [1] Voir www.un.org/french/millenaire/ares552f.htm [2] Division de la population des Nations unies, révision 2006 [3] Les contenus des livrets sont détaillés dans les rubriques « formation des maîtres » du site Internet www.ifadem.org [4] Franc-parler, www.francparler.org/articles/ifadem2009.htm [5] Louise Bélair, Université du Québec à Trois-Rivières ; Margaret Bento, Université Paris V – René Descartes ; Valérie Spaëth, Université de Franche-Comté [6] Franc-parler, www.francparler.org/articles/ifadem2009.htm [7] Franc-parler, www.francparler.org/articles/ifadem2009.htm [8] Les 320 premières notices du catalogue ont été créées par le Réseau international francophone des établissements de formation de formateurs (RIFEFF) |