Le français à luniversité

Lire et traduire la littérature de jeunesse

Abdelmajid Mekayssi

Référence de l'oeuvre:

Constantinescu, Muguraş, (2009), Lire et traduire la littérature de jeunesse, Editura Universităţii Suceava, Suceava (Roumanie), 300 pages.

Texte intégral

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1Comme l’annonce son titre, l’ouvrage de Muguraş Constantinescu propose deux volets en matière de littérature de jeunesse : la lecture et la traduction. Chacun de ceux-ci est constitué de plusieurs chapitres. Dans la première partie, l’auteure soutient que la lecture ou la relecture d’un conte de Perrault, par exemple, peut être à l’origine d’une réécriture ou d’une écriture renouvelée et renouvelable. Elle montre par ailleurs que la relecture d’un conte est d’autant plus utile qu’elle est la source du bonheur, de la féerie et du symbolique dans « notre vie de civilisés ». La littérature de jeunesse en serait aussi une d’apprentissage : initiation au monde d’autrui et appropriation du langage. Elle constituerait également une passerelle entre rêve et réalité, entre livre inventé et livre réel; en effet, seule la lecture détient la capacité de donner vie à l’ouvrage. Muguraş Constantinescu consacre ensuite un chapitre à l’image et à l’illustration, en soulignant l’importance qu’elles revêtent dans ce genre de littérature, puis elle termine cette première partie en dédiant un chapitre à l’édition roumaine pour la jeunesse.

2La seconde section est réservée à la traduction de la littérature de jeunesse. Selon Muguraş Constantinescu, la traduction, en tant que réécriture, requiert un double effort : rester fidèle, autant que faire se peut, à la culture et à la civilisation de départ, puis adapter le livre au lectorat ciblé. Cela suppose, bien entendu, tout un travail sur l’intertextualité. En ce sens, la traduction des contes de Perrault en roumain constitue une valeur ajoutée, car ils gagnent en musicalité et en effets. Dans cette partie, l’auteure soulève aussi, au moyen de différentes lectures et comparaisons, plusieurs problématiques traductologiques : notions de trahison, d’adaptation, d’équivalence, de réactivation et de dialogue culturel.

3Elle termine son ouvrage par un entretien avec Jean Perrot, spécialiste du domaine et directeur de l’Institut international Charles Perrault. Au cours de cet entretien, l’accent est mis sur la place de la littérature de jeunesse dans la recherche, sur les relations de cette forme d’écriture avec l’art, le jouet, l’image et le multimédia… et sur la critique de ce type de littérature.

4L’entreprise comparative de cet ouvrage est méritoire. Avec beaucoup de finesse et de rigueur, l’auteure pousse son investigation jusque dans les moindres détails pour détruire les idées fausses (« il est facile de traduire pour la jeunesse »), ainsi que pour montrer l’évolution et l’ampleur de la place de cette littérature dans la recherche universitaire et dans le paysage culturel en général.

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Pour citer

Abdelmajid Mekayssi, Lire et traduire la littérature de jeunesse
Le français à l'université , 14-04 | 2009
Mise en ligne le: 23 janvier 2012, consulté le: 21 janvier 2019

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Auteur

Abdelmajid Mekayssi

CPGE, Lycée Moulay Youssef, Rabat (Maroc)

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