Le français à luniversité

Le français au Cameroun: d’une crise sociopolitique à la vitalité de la langue française (1990-2008). Ladislas Nzesse. Le français en Afrique no 24

Jean-Benoît Tsofack

Référence de l'oeuvre:

(2009), Le français en Afrique. Revue du Réseau des observatoires du français contemporain en Afrique, no 24, UMR 6039 – Bases, corpus et langage, U.F.R. Lettres, arts et sciences humaines, Nice, 180 pages.

Texte intégral

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1L’ouvrage de Ladislas Nzesse figure sans doute parmi les contributions les plus novatrices sur le français au Cameroun. Il est en rupture avec les approches militantes de ses prédécesseurs. Il assume cette émancipation dès la note apéritive, en s’inscrivant dans le « prolongement » des inventaires lexicaux publiés ailleurs. Certes, il demeure congruent avec l’IFA, mais il rompt avec les descriptions antérieures du français en Afrique, qui ont « bouleversé les langues et le rapport aux langues des usagers ».

2Cet ouvrage « à dominante lexicale » s’attaque au vocabulaire politique du Cameroun en crise des années 1990. Il ne le fait pas sur la base « des deux axes classiques (sélection et combinaison) », mais plutôt sur celle des paradigmes symboliques fondés sur « le pouvoir évocateur du signe linguistique » (p. 15). L’ouvrage comporte deux parties principales : la première (29 pages) situe le cadre général en fournissant les données d’ordres géographique, historique et linguistique qui ont éclairé le choix des lexies. L’auteur y traite, par exemple, de la typologie des niveaux de langue de Bickerton (1973) pour montrer, de manière artificielle, qu’il y a un continuum dans les variétés de français. La deuxième partie (120 pages), consacrée à l’inventaire proprement dit, ne témoigne pas toujours concrètement de cette diversité.

3Conscient des limites de cet inventaire et de certains de ses postulats épistémologiques, l’auteur a prévu les critiques probables : il fait valoir le « regard scientifiquement intéressé d’un passionné de la chose linguistique » sur les fonctionnements sociaux des pratiques langagières d’un pays à une période déterminée de son histoire. Cela n’enlève rien au fait que ce regard reste celui d’un pionnier qui a sorti des ateliers et qui a remis sur les rails le train de la recherche sur le français et ses pratiques contextualisées au Cameroun.

4Édition en ligne : http://www.unice.fr/ILF-CNRS/ofcaf/24/24.html

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Pour citer

Jean-Benoît Tsofack, Le français au Cameroun: d’une crise sociopolitique à la vitalité de la langue française (1990-2008). Ladislas Nzesse. Le français en Afrique no 24
Le français à l'université , 15-01 | 2010
Mise en ligne le: 06 décembre 2011, consulté le: 19 juin 2019

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Auteur

Jean-Benoît Tsofack

Université de Dschang (Cameroun)

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