Le français à luniversité

Enseigner les langues à l’université, un métier qui s’apprend?

Elena Akborisova

Référence de l'oeuvre:

Deyrich, Marie-Christine et Norah Leroy, (2015), « Enseigner les langues à l’université, un métier qui s’apprend? », Les langues modernes, numéro 3/2015, 109e année, APLV – Association des professeurs de langues vivantes, Paris, 96 pages.

Texte intégral

1Ce dossier thématique, comme son titre le suggère, s’interroge sur l’offre et la demande dans la formation linguistique à l’université, avec un intérêt particulier pour la formation universitaire des formateurs en langues. Les contributions faisant partie de ce recueil sous forme d’un retour d’expérience (Choi, Bian, Van der Sanden, Vega Umaña) ou d’une étude qualitative et/ou quantitative (Normand et Perreiro, Brouttier et al., Brudermann, Braud et al.) cherchent à dessiner le profil de l’enseignant(e) de langue dans le supérieur. Sa formation, ses attentes, ses besoins, ses responsabilités et le contenu de ses cours sont mis en avant dans ce dossier. On y trouve, par ailleurs, des témoignages concernant l’apprentissage « d’action professorale » dans les établissements français et étrangers (Pays-Bas, Chine, Corée).

2L’ensemble des contributions, en quelque sorte, fait état de l’art des mesures de soutien pédagogique mis en place par les universités à l’attention des enseignants. On peut citer les Services universitaires de pédagogie (SUP), centres de soutien à l’enseignement/apprentissage, centres pour la formation professionnelle des enseignants, Centres for Teaching Excellence, Centres de ressources en langues (CRL), Réseau des linguistes de spécialité de l’université Grenoble Alpes, etc. Ces structures sont destinées à mettre à niveau le personnel en matière de didactique et de pédagogie, mais aussi en langue de spécialité. En effet, selon Brudermann, l’offre de formation de futurs enseignants de langues dans le secteur LANSAD (langues pour les spécialistes d’autres disciplines) est plus qu’insuffisante. Par conséquent, la nécessité de compléter les acquis des intervenants dans le supérieur par une formation continue en langue de spécialité se ressent de plus en plus, car la demande en professeurs, principalement d’anglais, pour les non-spécialistes reste très forte ces dernières années.

3Pour améliorer les pratiques enseignantes, aussi bien des enseignants débutants que confirmés, les auteurs suggèrent des dispositifs auxquels ils ont recours dans leurs propres carrières. Parmi ceux-ci, l’on peut mentionner le partage des acquis avec les collègues suivi d’un retour réflexif sur « ses propres compétences et incompétences »; la mise en place d’environnements d’apprentissage personnels; des réunions entre collègues pour débattre de questions pédagogiques, un système de tutorat dans lequel un enseignant est évalué par son tuteur sur la base d’un portfolio; un concours de performance pédagogique; l’observation et l’analyse des pratiques professionnelles; les MOOCs ou les stages dispensés par des chercheurs spécialisés en didactique des langues, etc.  

4Certains auteurs (Normand et Pereiro, Choi) font le constat concernant la promotion académique des enseignants-chercheurs selon lequel la maîtrise de la discipline de spécialisation et la production scientifique ont plus de valeur aux yeux des recruteurs que le savoir-enseigner. D’autres (Braud et al., Brudermann) dénoncent l’absence des critères bien établis d’embauche de professeurs de langues pour les non-spécialistes et, par conséquent, le fait que ce métier ne soit reconnu et enseigné presque nulle part.

5Le dossier « Enseigner les langues à l’université, un métier qui s’apprend? », de par les divers contextes d’enseignement et les pays couverts, décrit une situation de déséquilibre entre l’offre et la demande en formateurs de langues à l’université en France.

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Pour citer

Elena Akborisova, Enseigner les langues à l’université, un métier qui s’apprend?
Le français à l'université , 21-02 | 2016
Mise en ligne le: 29 avril 2016, consulté le: 19 mars 2019

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Auteur

Elena Akborisova

INALCO-PLIDAM

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