Le français à luniversité

Une deuxième année pour le projet « Dialogue d’expertise »

Texte intégral

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1Développé conjointement par l’Agence universitaire de la Francophonie et l’Institut français http://www.institutfrancais.com/, avec le soutien du ministère français des Affaires étrangères et du Développement international, le projet « Dialogue d’expertise » entame sa deuxième année d’existence.

2Après une première réunion scientifique en septembre 2013, qui avait pour but le lancement du projet et la conception des documents de référence, le projet a réellement débuté en 2014, avec 16 missions d’expertise et deux séminaires nationaux ou régionaux sur l’analyse et l’amélioration des curriculums de français et sur la conception d’une maquette harmonisée des programmes de formation (l’un en Afrique centrale et l’autre en Indonésie). À la suite de ces premières expertises, un séminaire a été organisé à Paris les 14 et 15 janvier 2015, afin de mettre à jour les documents de référence et d’améliorer les procédures.

3« Dialogue d’expertise » s’adresse aux départements d’études françaises et francophones, aux sections de français et aux centres universitaires de langues étrangères dans les universités du monde entier, et plus particulièrement dans les établissements des pays émergents ou en développement. Les expertises proposées, mises en œuvre à la demande de l’université, peuvent porter soit sur une analyse de l’ensemble des activités de la structure expertisée, soit répondre à une question précise que se posent les responsables ou enseignants du département ou centre de langue (par exemple « Comment rénover notre formation de traducteurs ? » ou « Comment mettre à jour notre formation en littérature francophone ? »).

4Ces besoins d’expertise peuvent venir de la présence d’un nouveau contexte universitaire (mise en place ou utilisation de plateformes de contenus scientifiques et didactiques, enseignement à distance, intégration des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement et l’apprentissage des langues, etc.). Ils peuvent aussi naître de l’émergence de nouveaux profils d’apprenants concernés par l’étude du français sur objectifs spécifiques (FOS) ou du français sur objectifs universitaires (FOU), dont les attentes et les motivations sont diversifiées. Les programmes qui ont été mis en place deviennent de moins en moins adaptés aux besoins concrets des apprenants.

5Dans d’autres cas, il peut y avoir la volonté de mieux comprendre les enjeux de la didactique de la littérature française, par exemple, et de mettre à l’essai de nouvelles techniques d’enseignement.

6La baisse démographique générale et la diminution de l’intérêt des candidats pour les études en français constituent également d’autres facteurs qui motivent la demande d’une expertise. Certains programmes de master font face à un problème de recrutement des candidats, et il peut être intéressant de chercher à identifier chez les potentiels candidats ce qui les pousse vers l’étude du français et, du même coup, parvenir à identifier les modalités pour maintenir à un niveau élevé la motivation des étudiants admis aux formations en français.

7Une autre raison de la demande d’expertise peut concerner l’intégration des diplômés sur le marché du travail, car l’insertion socioprofessionnelle des diplômés à la suite d’études en français est un facteur déterminant.

8Un département de traduction peut souhaiter avoir un regard extérieur, neutre et objectif pour procéder à la révision des plans de formation dans le but de créer des partenariats avec des écoles de traduction dans les pays francophones. Des recommandations méthodologiques seront également formulées en ce qui concerne l’enseignement de la traduction afin d’améliorer la formation des étudiants.

9Les motivations sont variées, mais elles traduisent pour la plupart la volonté de redynamiser et de moderniser un département existant afin de répondre au mieux aux besoins du terrain et de donner aux futurs professionnels une formation en adéquation avec le marché du travail. Grâce à l’examen détaillé et à l’évaluation qualitative des programmes, les experts sont en mesure d’identifier les points forts et les points faibles de la structure existante et de proposer des recommandations.

10Il est aussi possible, pour une université qui ne disposerait pas d’un département d’études françaises ou d’une section de français (enseignant la langue française aux non-spécialistes) de demander une mission d’expertise pour la conseiller sur les méthodes et sur les moyens nécessaires pour créer un tel département ou une telle section de français. Dans certaines régions, l’enseignement des langues étrangères représente une ouverture considérable pour les étudiants, et la mise sur pied d’une section de français orientée vers le FOS peut avoir pour vocation de former de futurs professionnels dans différents domaines, notamment l’hôtellerie, le commerce, le tourisme, la gastronomie ou la mode.

11Le dispositif comprend trois grandes phases :

  • une auto-évaluation où l’établissement est invité à remplir un questionnaire couvrant l’ensemble de ses activités;

  • une mission courte permettant à deux experts d’affiner le diagnostic. À la suite de la mission, un compte-rendu est rédigé, qui dresse un bilan de la mission et propose des recommandations pour améliorer ou développer les activités;

  • S’il y a lieu, une deuxième mission est mise en place un ou deux ans après la première, pour aider à la mise en place des recommandations.

12Un vivier d’experts de près de 80 universitaires a été constitué pour ce projet. Les expertises sont menées par deux personnes, identifiées en fonction des particularités de l’établissement visité et du type de demande d’expertise. Si possible, l’un des experts est un universitaire de la zone où est située l’université bénéficiant de l’expertise. Le binôme d’experts se fonde sur une méthodologie et des grilles d’analyse partagées. L’ensemble des documents de référence peut être consulté sur le site http://dialoguedexpertise.org

13Le compte-rendu de mission est adressé à l’université et reste confidentiel. Un suivi est prévu après l’expertise si des conseils complémentaires sont nécessaires pour aider l’université à mettre en place les recommandations des experts.

14Ce projet fait partie des activités du Fonds de solidarité prioritaire (FSP) « 100 000 professeurs pour l’Afrique » (http://www.institutfrancais.com/fr/francais-dans-lenseignement-superieur/100-000-professeurs-pour-lafrique). Même si de nombreuses expertises ont eu lieu en Afrique, il concerne aussi les autres régions du monde.

15La première année de « Dialogue d’expertise » en chiffres :

  • 16 universités ont bénéficié d’une expertise : 6 en Afrique subsaharienne, 1 au Maghreb, 2 en Asie, 2 en Amérique latine, 1 dans la Caraïbe, 1 au Moyen-Orient et 3 en Europe centrale et orientale

  • Un vivier de 78 experts a été constitué

  • 2 séminaires sur les maquettes de formation des départements d’études françaises ont été organisés : l’un en Afrique centrale et l’autre en Indonésie

16Pour en savoir plus sur « Dialogue d’expertise », déposer une candidature pour devenir expert ou demander une expertise pour une université, consultez le site http://dialoguedexpertise.org/

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Pour citer

Une deuxième année pour le projet « Dialogue d’expertise »
Le français à l'université , 20-01 | 2015
Mise en ligne le: 19 mars 2015, consulté le: 21 janvier 2019

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