Le français à luniversité

Métalangage et expression du sentiment linguistique « profane »

Lamiaa Al Sadaty

Référence de l'oeuvre:

Lecolle, Michelle (coord.), (2014), « Métalangage et expression du sentiment linguistique “profane” », Le discours et la langue, tome 6.1, E.M.E. & InterCommunications, Bruxelles et Fernelmont, 195 pages.

Texte intégral

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1Les activités métalinguistiques s’imposent à toutes les situations de communication, qu’elles soient professionnelles ou pas : commentaires politiques, enseignement et apprentissage des langues, traduction, des sites Web portant sur le vocabulaire, la grammaire, bref, toute activité de rédaction. De même, le « sentiment linguistique » est un dénominateur commun à tous, linguistes ou non.

2Dans ce numéro de la revue Le discours et la langue qui s’intitule « Métalangage et expression du sentiment “profane” », trois axes principaux sont abordés : un axe sémantique centré sur l’emploi de la terminologie, dans ce sens où certains termes sont employés ou privilégiés, ou ont changé de sens, et dans ce cas, il s’agit de s’interroger sur la façon dont ce changement s’est opéré. Un deuxième axe sur les contours et les limites de la terminologie linguistique. Ceci implique une distinction entre discours savant/profane, métalangage/métadiscours. La question de la variation du métalangage selon les parties du discours (nom, adjectif, verbe, adverbe métalinguistique) se pose aussi.Et un troisième axe sur le fonctionnement du métalangage : quel est le contexte de son appropriation ? Et dans ce cas quelle est sa fonction ? Ou, au contraire, quel est le contexte de sa désappropriation ?

3Ces trois axes sont étudiés à travers un éventail d’articles. Un article de Michèle Debrenne, « La conscience métalinguistique ordinaire et la linguistique naïve dans les travaux russes contemporains », est centré sur le milieu scolaire, pour mettre en évidence la construction des règles « scientifico-naïves des élèves » sur ce qu’est la grammaire du russe, le rapport à la langue et à l’écrit.

4Trois autres articles abordent des situations bien déterminées. Dans « Fais tes syllabes ! Quand le terme théorique est une unité opératoire », Corine Gomila repose son analyse sur des échanges et des séances de lectures filmés dans un contexte d’apprentissage de lecture. La question qui se pose en premier lieu : les énoncés scolaires relèvent-ils d’une pratique discursive « profane » ? D’une pratique discursive « scientifique » ? Une certaine transparence de la frontière entre l’emploi savant et l’emploi profane du métalangage à l’école élémentaire est à souligner. Un article rédigé par Patrice Gourdet et Danièle Cogis est basé sur une enquête portant sur des enfants âgés de 8-9 ans, au début et à la fin de l’année scolaire, en vue de s’arrêter sur leurs acquisitions : qu’est-ce qu’un verbe ? C’est la question à partir de laquelle le discours de ces élèves est étudié. Dans un article rédigé par Angélique Martin-Masset, il s’agit de s’interroger sur les catégories du vocabulaire métalinguistique et sur leur place — ou leur absence — dans les pratiques métalinguistiques en classe. C’est l’enseignant qui est le centre d’intérêt dans cette étude.

5Deux articles sont centrés sur l’expression du sentiment linguistique dans les discours de spécialité : Aurélie Picton, dans son article « Métalangage et sentiment linguistique des experts : regard en langue de spécialité », s’interroge sur la place des experts dans la recherche en terminologie. Dans « “Sentir des adjectifs” et “penser avec le nez”. Le sentiment linguistique dans les métiers du sensoriel », Gérard Petit et Fanny Rinck traitent du sentiment linguistique dans les métiers du sensoriel à partir d’un corpus de 30 entretiens menés auprès de parfumeurs et d’aromaticiens. Il s’agit d’une analyse des discours portant sur le rôle central que joue le langage dans leur métier.

6Les emplois d’un mot ou d’une expression sont le noyau autour duquel tournent trois articles : « Glissements progressifs de sémantique », écrit par Anne Le Draoulec, Marie-Paule Péry-Woodley et Josette Rebeyrolle, traite du nom et de l’adjectif sémantique en corpus de presse; « Le mot à la mode : usages et enjeux d’une expression métalinguistique profane », de Gilles Souffi, Agnès Steuckardt et Chantal Wionet, étudie l’expression « mot à la mode »; quant à la notion d’anglicisme dans les ouvrages métalinguistiques et la presse québécoise contemporaine, celle-ci est soulignée par Bruno Courbon et Myriam Paquet-Gauthier dans « Faux amis/vrais ennemis : réutilisations de la notion d’anglicisme dans le discours métalinguistique au Québec ».

7Au varia, un article d’Antoine Jacquet qui ne passe pas inaperçu : « Les journalistes en Belgique causent-ils “belges”, une fois ? Des belgicismes sur les sites d’information ». Une étude qui puise dans le débat de la norme linguistique : français de référence vs français périphérique (celui de la Belgique représenté à travers deux sites d’information).

8Des analyses croisées sur l’appropriation du métalangage dans des énoncés métalinguistiques profanes et leurs modalités à ne pas manquer !

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Pour citer

Lamiaa Al Sadaty, Métalangage et expression du sentiment linguistique « profane »
Le français à l'université , 20-01 | 2015
Mise en ligne le: 25 mars 2015, consulté le: 13 décembre 2017

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Auteur

Lamiaa Al Sadaty

Université du Caire (Égypte)

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