Le français à luniversité

La classe inversée

Yvan Urunuela

Référence de l'oeuvre:

Bergmann, Jonathan et Aaron Sams, Isabelle Nizet et Samuel Bernard (coll.), La classe inversée (version française de Flip your Classroom), Éditions Reynald Goulet, Repentigny (Québec), 142 pages.

Texte intégral

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1Cet ouvrage, qui porte sur le modèle de la classe inversée, est conçu comme un partage d’expériences. Il s’adresse à des professionnels de l’éducation et de la formation intéressés par cette pédagogie. Bien que divisé en 10 chapitres, le texte est articulé autour de 2 questions centrales : les avantages de la pédagogie inversée et les moyens de la mettre en œuvre.

2Dans les trois premiers chapitres, les auteurs rappellent les fondements de la pédagogie inversée. Il s’agit de faire travailler les étudiants sur des activités d’apprentissage à leur propre rythme, individuellement ou en petits groupes. Ils n’abordent donc pas la même matière au même moment; il s’agit d’un cours à géométrie variable. L’enseignant est un accompagnateur, un entraîneur, dans un processus d’acquisition de la connaissance, et non plus un transmetteur de savoirs. La classe inversée est ainsi perçue comme une rupture par rapport à un modèle d’enseignement qualifié de traditionnel, axé sur des cours magistraux linéaires, au rythme d’apprentissage imposé par l’enseignant.

3La pédagogie inversée est étroitement liée à l’utilisation d’outils technologiques, notamment des capsules audio et vidéo, qui permettent aux étudiants d’avoir accès à certains contenus pédagogiques en dehors de la classe. Dans le chapitre 4, des conseils sont donnés sur la conception des vidéos et la manière d’en faire un outil pédagogique pertinent.

4Le côté pratique et détaillé est indéniablement le point fort de ce livre. Ainsi, une partie de l’ouvrage (notamment les chapitres 4, 7, 8 et 9) est consacrée de manière concrète et précise à la mise en place de cette pédagogie, en abordant les problèmes auxquels les enseignants qui l’ont appliquée ont été confrontés et les solutions qu’ils proposent : quel système d’évaluation mettre en place avec cette méthode ? Que faire des étudiants qui ne disposent pas d’un ordinateur à la maison et de ceux qui ne font pas le travail demandé en dehors de la classe ? Utilise-t-on la pédagogie inversée pour toutes les parties du cours ? Etc.

5On lit avec intérêt le chapitre 9, dans lequel Samuel Bernard, enseignant en mathématiques dans un collège au Québec, fait part de son vécu de classe inversée. Selon lui, les connaissances déclaratives (savoirs théoriques et factuels) et les connaissances procédurales (les différentes étapes d’une démarche ou d’une procédure) s’inversent bien. Comme il le précise, « tout ce qui ne requiert pas mon expérience et mon expertise est renvoyé à la maison » (p. 130), tout en précisant que « l’idée n’est pas que les étudiants, lorsqu’ils arrivent en classe, maîtrisent la matière, mais simplement de la connaître afin qu’ils possèdent le point de départ de ce qui sera approfondi en classe » (p. 125). Une partie de la transmission des connaissances est donc faite en dehors du cours, ce qui permet à l’enseignant de « libérer » du temps en classe. La pédagogie inversée entraîne ainsi une réorganisation du temps et permet notamment à l’enseignant de se consacrer en classe aux connaissances conditionnelles (stratégies de résolution d’une situation ou d’une tâche), qui reposent sur un problème contextualisé.

6L’intérêt de cet ouvrage est évidemment son côté pratique. Ce n’est pas un livre académique qui discute du concept de pédagogie inversée. Au contraire, il répond à des questions simples et propose des solutions à des problèmes concrets. Facile à lire et bien structuré, c’est un ouvrage à privilégier pour les pédagogues souhaitant tester la pédagogie inversée.

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Pour citer

Yvan Urunuela, La classe inversée
Le français à l'université , 19-04 | 2014
Mise en ligne le: 22 décembre 2014, consulté le: 13 décembre 2017

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