Le français à luniversité

Enseigner la grammaire

Jean-Aimé Pambou

Référence de l'oeuvre:

Bertrand, Olivier et Isabelle Schaffner (dir.), (2014), Enseigner la grammaire, Éditions de l’École Polytechnique, Palaiseau, 452 pages.

Texte intégral

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1Enseigner la grammaire est un ouvrage de 452 pages, sous la codirection d’Olivier Bertrand et Isabelle Schaffner. Publiée aux éditions de l’École polytechnique en 2013, la contribution soulève la problématique de la grammaire scolaire française, incluant les difficultés de son enseignement, son évolution, ainsi que des propositions pour en améliorer les pratiques. Six parties, précédées d’une préface de Jean Eshram, structurent le document.

2La première partie évoque l’échec de la grammaire de texte en France, du fait d’une appréciation non ingénieuse des avancées de la linguistique textuelle. Elle plaide pour la macrosyntaxe, en vue d’englober les dimensions morphosyntaxique et énonciative de la phrase. Elle conçoit la langue comme dotée d’une dimension fonctionnelle et non comme une simple nomenclature des fonctions grammaticales.

3Quant à la deuxième partie, elle présente la contextualisation du discours de référence en milieu allophone comme un moyen pour contourner certaines difficultés d’apprenants de FLE. Elle propose d’aborder l’attribut du complément d’objet dans le cadre de la prédication seconde. Comment remédier aux erreurs d’orthographe d’apprenants natifs adultes ? Une proposition originale est le traitement informatisé du participe passé pour identifier le « profil d’erreurs récurrentes » de chaque individu.

4Dans la troisième partie, une terminologie transparente pour mieux catégoriser les unités linguistiques est défendue. La contribution rapproche ensuite les méthodologies du FLM, du FLS et du FLE, par l’entremise de l’étude des concepts de séquence et de socle. L’ouvrage explique aussi comment passer d’une grammaire pour corriger les « fautes » à une grammaire pour produire de l’écriture, de même qu’il présente les fondements d’une grammaire communicative en FOS. Il étudie enfin l’influence de l’enseignement traditionnel chinois sur les erreurs d’apprenants, avant une comparaison intéressante des manuels de FLE roumains d’avant et d’après 1989.

5La quatrième partie cible les bouleversements ayant marqué l’enseignement de la grammaire en France, depuis 25 ans, comme source d’insécurité chez plusieurs enseignants. Dans le processus de catégorisation et de classification des manuels, elle relève la tendance à « accumuler des savoirs sur la langue » plutôt qu’à observer son fonctionnement à travers les manipulations linguistiques. Transposer les savoirs linguistiques en savoirs pratiques hiérarchisés autour de notions clés, ainsi pourraient être résolus certains problèmes dans l’enseignement primaire. Pour ce qui est de l’approche discursive et réflexive de la valeur des temps verbaux, elle doit reposer sur « une démarche d’interprétation raisonnée et non sur l’utilisation occasionnelle de quelques outils ». Il en est de même pour l’enseignement/apprentissage du verbe, qui ne doit pas occulter les représentations des apprenants.

6La cinquième partie de l’ouvrage développe l’enseignement du lexique, « les impacts d’une réflexion métalinguistique collective médiée par un forum », l’intégration des « apprentissages grammaticaux à l’étude d’un genre textuel… », « les nouvelles perspectives » de l’enseignement des adverbes en FLE et les « faits grammaticaux dans une perspective phénoménologique ».

7La sixième partie mentionne la prescription normative dans les manuels de FLE. Elle relate aussi l’utilisation peu évidente des manipulations par certains élèves. Un rapprochement entre finalités de l’enseignement du français et des autres langues, fondé sur un cadre théorique approprié est souhaité, pour éviter la disjonction entre les finalités de la maîtrise du français et de la culture humaniste, d’une part, et de la pratique de la langue étrangère, d’autre part. Enfin, la place insignifiante de la grammaire dans les textes officiels expliquerait l’insécurité des futurs praticiens belges dans l’enseignement des savoirs grammaticaux.

8L’ouvrage, qui s’appuie sur des recherches de terrain, ne peut laisser indifférent quiconque s’intéresse à l’évolution de la grammaire du point de vue des axes variés.

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Pour citer

Jean-Aimé Pambou, Enseigner la grammaire
Le français à l'université , 19-04 | 2014
Mise en ligne le: 28 novembre 2014, consulté le: 19 mars 2019

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Auteur

Jean-Aimé Pambou

École normale supérieure de Libreville (Gabon)

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