Le français à luniversité

Ferments d’Ailleurs. Transferts culturels entre Lumières et romantismes

Sonia Catrina

Référence de l'oeuvre:

Bonnecase, Denis et François Genton (dir.), (2010), Ferments d’Ailleurs. Transferts culturels entre Lumières et romantismes, ELLUG, Grenoble, 367 pages.

2010

Texte intégral

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1Cet ouvrage nous convie à l’exploration d’un terrain peu investi, inscrit dans une histoire de la littérature se situant entre Lumières et romantismes. Construite en deux volets de longueur inégale articulés sur l’idée de transfert culturel ou de cosmopolitisme, l’analyse présente les productions culturelles du champ littéraire comme « espace commun d’échanges » (François Genton) passant par un intérêt encyclopédique (Linda Simonis). La métamorphose de l’Ailleurs dans l’intime prend la forme de l’imitation inventrice et de la harpe éolienne chez André Chénier (Yves Citton), ou de la métempsycose chez Gueullette (Jean-François Perrin). Le Journal étranger des Lumières (François Getton), les ferments de la littérature germanophone en France (Jacques Berchtold), ou française en Allemagne (Anne Saada), le levain de la culture française venant « nourrir » la pâte des Années de voyage… de Goethe (Jean Sgard), du roman de Gellert (Romain Jobez) ou des œuvres de Vittorio Alfieri (Christian Del Vento), l’encyclopédisme esthétique de Sulzer (Carsten Zelle), tous témoignent d’un milieu intellectuel fécond qui encourage les échanges culturels. Le modèle romanesque de Pamela de Samuel Richardson, importé, assimilé, métamorphosé, voire contrefait et démystifié, présenté dans une perspective franco-allemande (Martial Poirson) ou franco-italienne (Lucie Comparini), fait état de la fermentation de l’allogène puisé dans la lecture de la production littéraire de l’époque.

2Le second volet de l’ouvrage débute par une distinction entre classicisme et romantisme dans l’espace européen, distinction énoncée au cours des années 1820 (René-Marc Pille). L’ouvrage fait avancer le débat quant au substrat allemand de l’œuvre de Coleridge (Samuel Baudry), à la description du phénomène de « romantisation » chez Novalis, qui repose sur la fonction exponentielle et l’analyse combinatoire (Philippe Séguin), à l’impact de Werther de Goethe sur Ortis de Foscolo (Enzo Neppi), qui témoigne d’une influence allemande en terrain italien, ou sur Leopardi, qui a été inspiré dans une plus grande mesure par Byron (Giuseppe Sangirardi). La conclusion formulée par Dennis Bonnecase fait le point sur le cosmopolitisme de la culture européenne au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

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Pour citer

Sonia Catrina, Ferments d’Ailleurs. Transferts culturels entre Lumières et romantismes
Le français à l'université , 16-02 | 2011
Mise en ligne le: 31 janvier 2012, consulté le: 16 juin 2019

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Auteur

Sonia Catrina

Université de Bucarest (Roumanie)

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