Le français à luniversité

Vers un nouveau réseau maghrébin des départements de français

Mohamed Miled

Texte intégral

1Dans le cadre de la mise en place d’un réseau maghrébin des départements de français, une réunion préparatoire à Tunis, organisée en juin 2013 à l’initiative du Bureau Maghreb de l’Agence universitaire de la Francophonie, a regroupé des directeurs de départements, des responsables des mastères de français et quelques enseignants. Cette réunion faisait suite à un rassemblement régional des départements de français, « les ateliers de Marrakech », qui avait permis de dégager des priorités d’action dans le domaine de l’enseignement du et en français au Maghreb.

2Ateliers de Marrakech (mars 2012)
La réunion de Marrakech a rassemblé du 19 au 21 mars 2012 une quarantaine d’universitaires maghrébins (venus d’Algérie, du Maroc et de Tunisie) autour d’un constat commun de déficit en capacités linguistiques chez les étudiants des départements de français ainsi que chez ceux des filières scientifiques utilisant le français. Les objectifs des ateliers étaient de procéder à un état des lieux synthétique des programmes de français dans les trois pays, de favoriser le partage d’outils didactiques novateurs pour l’enseignement du et en français, de présenter des utilisations réussies de ces outils et de contribuer à la production d’une banque de ressources didactiques (référentiels, plans ou contenus de cours, projet de manuel). À l’issue de cette réunion, il a été possible de dégager des axes prioritaires dans l’appui à l’enseignement du et en français au Maghreb :

  • Établir un profil de sortie d’un étudiant maghrébin pour l’ensemble de la formation (en littérature, en civilisation et en langue) et préparer des référentiels de compétences correspondants.

  • Favoriser l’élaboration d’outils didactiques : référentiels, manuels universitaires...

  • Constituer un recueil de séquences (plans de cours) et partager des repères méthodologiques et didactiques.

  • Renforcer le rôle de l’évaluation comme outil pour la remédiation et notamment établir un test de positionnement à visée formative pour les étudiants entrant à l’université.

  • Aider à la création ou au renforcement des centres des langues (ou centres de ressources).

  • Consolider les formations à la méthodologie du travail universitaire : prise de notes, résumé, compte rendu, exposé, recherche documentaire, problématisation, élaboration d’un plan...

  • Développer des formations aux techniques d’expression orale et écrite.

  • Favoriser l’usage des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’éducation).

  • Cette réunion a aussi montré la nécessité de mieux coordonner les efforts faits dans la région et d’avoir une structure de coopération et de concertation entre les départements de français au niveau du Maghreb.

3Réunion de Tunis (26 juin 2013)
La réunion du Tunis a permis de continuer la réflexion sur les principaux axes dégagés à Marrakech en 2012 et d’avancer sur un projet de constitution d’un réseau, tout d’abord au niveau national en Tunisie. Les conclusions de la réunion sont notamment les suivantes :

  • Structurer le réseau à partir de la rédaction d’un texte qui précisera les éléments suivants : composition, fonctionnement, périodicité des réunions, objectifs et plan d’action, nature de cette structure (non institutionnelle), son ancrage, les moyens de son financement, ses liens avec le ministère tunisien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et les autres structures (telles que l’AUF)...

  • Renforcer le partage et la mutualisation des informations par différents moyens : échanges avec les structures apparentées (la commission sectorielle de français, par exemple), exploitation des informations et des ressources de l’AUF...

  • Sensibiliser les enseignants aux outils et ressources disponibles et aider à la formation des enseignants.

  • Réaliser des enquêtes sur l’enseignement du français : analyse des documents disponibles, des pratiques, pour identifier quel français enseigner et définir le profil de l’étudiant tunisien et maghrébin (profil d’entrée et profil de sortie).

  • Développer des formations doctorales : préparation aux écrits universitaires, à la rédaction des mémoires, aide à la publication. L’idée de créer un collège doctoral au Maghreb a été formulée. Cet axe est en conformité avec le nouveau décret du ministère de l’Enseignement supérieur tunisien précisant les formations complémentaires au niveau du doctorat.

  • Enrichir les centres de ressources, notamment par le renforcement de la dimension culturelle.

4À l’issue de cette rencontre, M. Samir Marzouki, professeur à l’université de La Manouba (Tunisie), a été désigné comme coordonnateur du nouveau réseau en cours de constitution. Deux événements proches (les journées de réflexion de la commission sectorielle de français, les 11 et 12 octobre 2013, à Sousse, et le séminaire de la Commission du monde arabe, de la Fédération internationale des professeurs de français, prévu à Tunis en novembre 2014) devraient constituer des occasions pour consolider la mise en place de ce futur réseau des départements de français tunisiens.

5Des réunions similaires auront lieu en Algérie et au Maroc pour concrétiser ce rassemblement en réseau régional maghrébin.

6Pour plus d’information sur les ateliers de Marrakech : http://www.auf.org/actualites/ateliers-de-marrakech/

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Pour citer

Mohamed Miled, Vers un nouveau réseau maghrébin des départements de français
Le français à l'université , 18-03 | 2013
Mise en ligne le: 26 septembre 2013, consulté le: 22 octobre 2019

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Auteur

Mohamed Miled

Université de Carthage (Tunisie)

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