Le français à luniversité

Les manuels scolaires dans l’histoire de l’éducation : un enjeu patrimonial et scientifique

Amandine Denimal

Référence de l'oeuvre:

Berré, Michel, Florence Brasseur, Christine Gobeaux et René Plisnier (dir.), (2013), Les manuels scolaires dans l’histoire de l’éducation : un enjeu patrimonial et scientifique. Actes de la Journée d’études, Mons, 24 juin 2011, CIPA, Mons, 133 pages.

Texte intégral

Image1

1Publié avec le concours du Fonds national de la recherche scientifique de Belgique (FNRS) et de l’Académie universitaire de Wallonie/Bruxelles, Les manuels scolaires dans l’histoire de l’éducation : un enjeu patrimonial et scientifique réunit une série d’articles qui correspondent aux communications prononcées au cours de la journée d’études qui s’est tenue à l’université de Mons en juin 2011, intitulée « Sources et “questions” en histoire de l’éducation : à propos des répertoires de manuels scolaires ». Coordonnées par Michel Berré, chercheur en histoire de l’enseignement du français à l’Université de Mons, Florence Brasseur, chef de travaux en langue française à la Haute École de la Communauté française en Hainaut, et par René Plisnier et Christine Gobeaux, respectivement chef de travaux et assistante de recherche à la Bibliothèque centrale de l’UMONS, ces 10 contributions reflètent deux préoccupations liées à la recherche sur les manuels scolaires : premièrement, les modes de catalogage des ouvrages dans le but de faciliter l’accès des chercheurs à ces ressources, et deuxièmement, les apports spécifiques du manuel à l’histoire de l’éducation.

2Une première série de textes aborde la question de l’élaboration des répertoires de manuels, dans les contextes belge, français, italien et congolais. Sans l’aide de ces bases de données, les chercheurs ne peuvent travailler que de façon aléatoire, à moins de se livrer à un long et fastidieux travail d’investigation ; mais la constitution de tels outils, faisant du manuel une « unité documentaire », repose sur une série de choix qui ne sont pas sans conséquence. La délimitation et l’indexation des corpus soulèvent notamment des problèmes délicats, comme ceux des éditions multiples avec ou sans modifications, ou ceux posés par l’évolution historique des noms de niveaux et de disciplines.

3Une deuxième série, à orientation méthodologique elle aussi, propose un ensemble de réflexions sur l’analyse des manuels, dans des domaines variés : l’enseignement du néerlandais, celui de la religion ou l’éducation coloniale. Les auteurs rappellent que le manuel constitue une source privilégiée pour étudier la « culture scolaire » et son histoire, et permet d’éclairer des phénomènes tels que les procédures d’élémentarisation des savoirs, la mise en forme du processus d’apprentissage dans le genre discursif manuel, et plus généralement le fonctionnement de l’école, en lien avec le contexte idéologique et politique.

4Une dernière volée de contributions met finalement l’accent sur la nécessité de préserver et de valoriser le patrimoine éducatif, face au manque d’intérêt alarmant dont il fait l’objet dans les domaines politique et scientifique, y compris parmi les bibliothécaires, alors que « l’éducation est inhérente à la condition humaine et les formes qu’elle peut prendre intimement liées à la structure et à l’évolution des sociétés ».

5L’intérêt majeur de cet ouvrage est de rappeler, de bien des façons, combien la conservation des manuels constitue un enjeu majeur pour l’histoire de l’éducation et des sociétés. D’où la dimension prospective de cet ouvrage : « encourager la réalisation de nouveaux travaux dans le domaine de la préservation du patrimoine scolaire et dans celui de son exploitation scientifique ».

Haut de page

Pour citer

Amandine Denimal, Les manuels scolaires dans l’histoire de l’éducation : un enjeu patrimonial et scientifique
Le français à l'université , 18-02 | 2013
Mise en ligne le: 25 juin 2013, consulté le: 19 janvier 2019

Haut de page

Auteur

Amandine Denimal

Université Paul-Valéry — Montpellier 3 (France)

Haut de page