Le français à luniversité

20 mars 2013, la journée de la Francophonie placée sous le signe des femmes, avec le premier Forum mondial des femmes francophones

Aicha Moutaoukil

Texte intégral

1L’AUF a participé, en tant que partenaire du gouvernement français, comme l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’organisation du premier Forum mondial des femmes francophones. À l’invitation du président de la République, François Hollande, cet évènement proposé par Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, s’est tenu le 20 mars 2013, Journée internationale de la Francophonie, au Musée du Quai Branly à Paris.

2Annoncé en effet par le président français lors du XIVe Sommet de la Francophonie qui a eu lieu à Kinshasa en octobre dernier, le Forum mondial des femmes francophones a réuni environ 700 femmes francophones de la société civile venant de près de 80 pays. Leur dénominateur commun ? Elles sont toutes particulièrement investies dans les sphères sociale, éducative, culturelle et économique de leurs pays.

3Elles ont évoqué leurs combats au quotidien autour de trois tables rondes :

  • protéger les femmes : comment arrêter les violences et garantir les droits ?

  • bâtir l’avenir : comment mieux assurer l’éducation des filles, de l’alphabétisation à l’enseignement supérieur ?

  • femmes, actrices du développement

4Ce forum, qui s’est tenu en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, « sera une base de réflexion et d’action en direction des femmes et des enfants, un lieu de débats pour accroître la visibilité des femmes, et un lieu de transmission des valeurs garantes d’égalité et de solidarité » a expliqué Mme Yamina Benguigui, ministre française de la Francophonie. L’AUF, en tant que partenaire de cet évènement, confirme sa volonté de participer activement, à travers ses propres missions, aux actions susceptibles de permettre le développement de la condition des femmes partout dans le monde, et plus particulièrement dans l’espace francophone. Une délégation de 10 femmes issues des réseaux de l’Agence universitaire de la Francophonie du Liban, d’Haïti, de Madagascar, de Géorgie, du Vietnam, du Cameroun, du Burundi, du Maroc, d’Algérie et de Tunisie, toutes connues pour leur engagement professionnel ou personnel dans les différents domaines abordés lors de cette rencontre, ont été conviées et prises en charge par l’Agence pour apporter leurs contributions scientifiques ou témoignages à ce Forum.

5La Francophonie a toujours condamné sans ambiguïté ni complaisance, par la voix de son secrétaire général, toutes les formes de violences et de discriminations contre les femmes. Le 4 mars dernier, en marge de la 57e session de la Commission de la Condition de la femme, l’OIF et ONU Femmes ont organisé à New York une concertation francophone de haut niveau qui a adopté un Plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles1. Si l’OIF a toujours mis en avant les droits de l’Homme et la liberté d’expression et œuvre pour une plus grande autonomie des femmes, force est de constater, ce Forum l’a en partie démontré, combien précisément les droits des femmes sont encore extrêmement bafoués dans bien des endroits sur la planète. Pourtant, beaucoup des pays évoqués comme pouvant faire mieux dans ce domaine avaient adopté en 2000 la Déclaration de Luxembourg2 qui affirme le droit fondamental des femmes de participer à la vie politique et sociétale, d’avoir accès à l’éducation, à la formation et au marché de l’emploi et de contribuer au développement économique et durable des nations.

6Des femmes venues de Tunisie et d’Égypte ont par exemple évoqué « leur printemps arabe », constatant, non sans une certaine amertume, que rien n’a vraiment changé pour elles ; pire : elles ont même la triste impression que leurs droits ont reculé... Pourtant, nous le savons bien aujourd’hui, rien n’aurait été possible sans les femmes descendues dans la rue, bravant les interdits, certaines au péril de leur vie. D’autres venues du Mali ou de République démocratique du Congo ont évoqué avec forte émotion les violences et les viols dont sont victimes les femmes et les fillettes qui servent d’armes de guerre dans les conflits parfois fratricides auxquels, impuissantes, elles assistent dans leurs pays...

7Tout au long de cette journée, nous avons pu apprécier la qualité des échanges riches et intéressants débouchant parfois sur des propositions d’actions, notamment en direction de la communauté internationale, qui pourrait agir plus efficacement, notamment pour éradiquer les viols et violences faites aux femmes lors des conflits. Pour toutes ces femmes, les risques d’un recul des droits des femmes existent dans l’espace francophone, que ce soit du fait des conflits armés ou à la suite de changements politiques. Qu’elles soient dirigeantes d’entreprises ou d’associations, scientifiques, artistes ou intellectuelles, ces femmes ont affirmé la nécessité de les protéger des violences, de préserver leurs droits et leurs libertés et de permettre un égal accès à l’éducation et à l’enseignement supérieur pour les filles et pour les femmes.

8À l’issue de cette journée, elles ont signé un appel visant à fonder un nouveau statut des femmes dans l’espace francophone. Elles ont remis solennellement cet appel au président de la République pour qu’il le porte au prochain sommet de la Francophonie en 2014 à Dakar. Le Forum terminé, beaucoup des femmes qui y étaient présentes attendent déjà avec impatience de participer à la seconde édition de cet événement international, ne serait-ce que pour mesurer les progrès réalisés en une année. Espérant que « leur appel » soit entendu au-delà des frontières de l’espace francophone.

9La délégation de 10 femmes prises en charge par l’AUF pour participer au Forum mondial des femmes francophones

  • Michel-Ange Dagrain, Étudiante finissante en sciences informatiques à l’École Supérieure d’Infotronique d’Haïti

  • Mona Laroussi, Enseignante chercheuse à l’Université de Carthage, Tunis (Tunisie)

  • Julienne Ngo Nsom, Ex-ministre de la Condition féminine au Cameroun, chef d’entreprise dans le domaine de l’agroalimentaire et affiliée au Groupement des Femmes d’Affaires du Cameroun (GFAC) (Cameroun)

  • Shorena Niniashvili, Directrice associée Promethea Voyages, Membre du Conseil des experts du tourisme au ministère du Développement économique de Géorgie

  • Théodora Nisabwe, Professeure à l’Université du Burundi, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Membre Fondateur de FAWE Burundi

  • Sylvia Pagès, Présidente régionale de la plateforme EFOI — Entreprendre au féminin Océan Indien (Madagascar, Maurice, Comores, Réunion et Seychelles)

  • Dre Mounira Rouainia, Doyenne de la faculté de technologie, Université de Skikda (Algérie) et Présidente de l'association Femmes et Sciences — Algérie

  • Ouidad Tebbaa, Doyenne de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines, Université Cadi Ayyad, Marrakech (Maroc)

  • Dre Bui Tran Phuong, Présidente de l’Université Hoa Sen (Vietnam)

  • Rita Zaarour Zoghb, Infirmière et sage-femme, lauréate de la première édition du concours « Femme francophone entrepreneure 2011 » pour le centre parental Baby Steps à Ain Aar (Liban)

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Pour citer

Aicha Moutaoukil, 20 mars 2013, la journée de la Francophonie placée sous le signe des femmes, avec le premier Forum mondial des femmes francophones
Le français à l'université , 18-02 | 2013
Mise en ligne le: 19 juin 2013, consulté le: 19 janvier 2019

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