Le français à luniversité

L’art du verbe dans l’oralité africaine

Marie Jeanne Razanamanana

Référence de l'oeuvre:

Derive, Jean, (2012), L’art du verbe dans l’oralité africaine, Oralités – l’Harmattan, Paris, 224 pages.

Texte intégral

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1L’ouvrage de J. Derive est une contribution efficace et efficiente à l’étude et à l’analyse de l’oralité africaine. De par les pratiques et expériences vécues en matière de recherche sur le cas de la culture mandingue, l’auteur fait part au public tantôt de la réécriture, tantôt des refontes, suivies de l’actualisation des études menées avant 1990 et de leur mise en lien et leur cohérence avec les publications numérisées. Fidèle à l’approche sociolinguistique, qu’il adopte, L’Art du verbe dans l’oralité africaine inscrit des concepts et des méthodologies qui tentent d’articuler les pratiques de l’art oral aux fonctions culturelles afférentes, sans oublier de mentionner le déclin induit par l’évolution diachronique et synchronique.

2Tout au long de la première partie, l’auteur a relevé l’implication du mode culturel en se référant aux « paroles cuites », considérées comme procédés et exercices à observer en termes de création littéraire. Deux acteurs se trouvent constamment en interaction : producteurs et consommateurs de la parole dite patrimoniale en régime d’oralité. De ces facteurs de contextualisation, une forme d’imaginaire complexe se laisse dégager à travers les champs de sociabilité et l’organisation sociale du peuple mandingue. La civilisation orale y laisse beaucoup de traces, étant entendu son caractère et sa forme interactifs.

3Quant aux « pratiques et formes de l’oralité » relatées à la partie 2, l’auteur offre des aspects d’études particulières pour démontrer les caractères et les valeurs institutionnels de l’oralité mandingue. Aux chapitres 3 et 4, J. Dérive a mené une étude approfondie de l’aire culturelle et a opté pour une méthodologie axée sur les analyses stylistiques pour illustrer la fonction poétique du langage, le caractère « emblématique du processus de composition de toutes les épopées africaines », condition sine qua non d’une approche et d’une production littéraires.

4La partie 3 explicite « les fonctions culturelles et sociales de la littérature orale en Afrique ». L’auteur illustre ses observations par la figure emblématique des expériences de terrain des Dioula décrites dans « Parole et pouvoir chez les Dioula de kong », les Voix de la parole, journal des Africanistes 57, p. 19-30. La parole culturelle se fait sentir par l’expression même d’une pression idéologique, de telle sorte que les termes exprimés reflètent un monopole à partir des contenus décodables et que le discours institutionnel reste le facteur d’équilibre social.

5En guise de conclusion, L’Art du verbe dans l’oralité africaine ressemble à une note de lecture effectuée par l’auteur lui-même, dans la mesure où il a mis en évidence des passages importants de la plupart de ses travaux pour décrire la représentation et la catégorisation de la parole canonique. De ce fait, on peut distinguer ce travail des ouvrages fondateurs de Jean Vansina (1961), car il s’agit plutôt ici d’une littérature orale approfondie et comprise à travers les dimensions du contenu soulevées, débattues et finalisées en perspectives par J. Dérive.

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Pour citer

Marie Jeanne Razanamanana, L’art du verbe dans l’oralité africaine
Le français à l'université , 17-04 | 2012
Mise en ligne le: 13 février 2013, consulté le: 21 janvier 2019

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Auteur

Marie Jeanne Razanamanana

Université d’Antananarivo (Madagascar)

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