Le français à luniversité

Grammaire et lexique. Regards croisés

Nadejda Vasiltchenko

Référence de l'oeuvre:

Novakova, Iva et Elena Dontchenko (dir.), (2010), Grammaire et lexique. Regards croisés, Université d’État d’Astrakhan - Éditions littéraires et linguistiques de l’Université de Grenoble, Astrakhan et Grenoble, 247 pages.

Texte intégral

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1L’ouvrage comprend quatre parties, précédées de l’introduction, présentée par Iva Novakova et Elena Dontchenko. La linguistique moderne est orientée vers l’approche de la comparaison des langues. Les auteurs exposent l’histoire du développement des études comparatistes en indiquant comme origine La Grammaire de Port-Royal. Des linguistes, tels que V. Gak et I. Soussov, sont d’avis que la comparaison des langues a une histoire plus ancienne. On ne peut pas contester, tout de même, que la linguistique contrastive, centrée sur les divergences, est une science assez jeune. Les études comparatives précédentes, dans le cadre de la typologie, analysaient les universaux linguistiques et les convergences entre les langues. Iva Novakova et Elena Dontchenko remarquent que l’analyse contrastive est une branche de la linguistique appliquée, liée à la théorie de la traduction, qui « tend de plus en plus vers une théorisation des faits des langues étudiées ». Une autre question abordée concerne les méthodes de l’analyse contrastive et présente un intérêt incontestable.

2Dans la première partie, Elena Simonato analyse le développement des études contrastives en Union soviétique dans les années 1920. Il s’agit d’une recherche détaillée, extrêmement enrichissante, dont la suite serait souhaitable.

3Les deux parties suivantes sont consacrées aux problèmes grammaticaux. Les particularités des constructions causatives en français et en bulgare font l’objet de l’étude d’Iva Novakova. L’auteur considère le verbe français « faire » comme un « auxiliaire causatif » et a recours aux faits des autres langues et aux données historiques. Yanka Bezinska étudie l’assimilation des causatifs dans le langage des enfants français et bulgares entre 3 et 6 ans. Le sujet fait écho à celui de l’article précédent, mais c’est son approche psycho-linguistique qui permet de faire des conclusions intéressantes. En faisant des comparaisons de l’emploi des temps dans une phrase à subordonnée relative en français et en russe, Elena Dontchenko aborde le problème du lien entre les deux catégories du verbe, telles que le temps et l’aspect. Dans l’article « La préposition comme exposant de l’aspect dans les constructions prép+N à valeur causale. Une analyse contrastive français-polonais » proposé par Teresa Muryn, c’est le rôle de la préposition qui est privilégié dans l’expression des nuances aspectuelles des constructions nominales.

4La quatrième partie, consacrée à la phraséologie, est introduite par « L’image de la mère dans les unités phraséologiques russes et françaises (analyse contrastive) ». Son auteur, Irina Frenkel, se limite à l’analyse des définitions lexicographiques de la signification « mère par rapport à ses enfants », c’est-à-dire par l’emploi du mot « mère » au sens propre, mais l’étude effectuée dépasse les marges indiquées. Si cet article est une tentative de comparaison de l’ordre sémantique qui dévoile les différences culturelles, le travail de Lidia Miladi « Énoncés proverbiaux du polonais et du français de type Chcieć to moc / Vouloir, c’est pouvoir à la lumière de la théorie du centrage méta-informatif » se base sur les méthodes d’analyse logique et syntaxique, sans oublier la spécificité prosodique des constructions étudiées, ce qui constitue un grand avantage.

5La cinquième partie, « Les applications de l’analyse contrastive (en linguistique de corpus et en didactique des langues) », commence par une « Étude de corpus des constructions verbo-nominales de sentiment en français et en russe », présentée par Elena Melnikova. Le travail est basé sur les données statistiques. Les résultats de la recherche confirment l'hypothèse exprimée préalablement qu’en russe les verbes prédominent, aussi l’étude menée a permis d’établir des traits aspectuels des constructions verbo-nominales de sentiment en français et en russe.

6Olga Spiridonova étudie les « Valeurs et variations de l’article dans le cadre de la structure c'est + DET + GN : vision didactique ». Le choix du sujet paraît naturel, car l’absence de l’article en russe crée des difficultés pour les apprenants russophones.

7La systématisation des moyens de l’expression des valeurs des articles français en russe présente un grand intérêt. En ce qui concerne l’étude de la structure c’est et de l’emploi de l’article devant le nom qui suit, ces conclusions sont bien précieuses on voudrait préciser quelle est la fréquence de l’emploi de cette structure en français.

8La dernière partie est consacrée à l’analyse textuelle avec l’article d’Alla Kornienko, qui traite de la « catégorie de la caméra dans le texte français contemporain ». En acceptant l’idée que la civilisation moderne est centrée sur le visuel, Alla Kornienko introduit le terme de « caméra », qui remplace le narrateur en cas de son absence dans le texte.

9En conclusion, on peut dire que la parution d’un tel ouvrage est un apport important dans les études contrastives des langues et fait surgir le besoin de la création d’une étude complète contrastive du français et du russe, conforme aux programmes universitaires.

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Pour citer

Nadejda Vasiltchenko, Grammaire et lexique. Regards croisés
Le français à l'université , 17-02 | 2012
Mise en ligne le: 06 juin 2014, consulté le: 17 juin 2019

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Auteur

Nadejda Vasiltchenko

Université pédagogique de Bachkortostan, Oufa (Russie)

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