Le français à luniversité

De la rhétorique contrastive à la linguistique textuelle. L’organisation textuelle du français et du japonais

Itsuko Fujimura

Référence de l'oeuvre:

Takagaki Yumi, (2011), De la rhétorique contrastive à la linguistique textuelle. L’organisation textuelle du français et du japonais, Osaka, Rouen, Le Havre : OMUP (Osaka Municipal University Press) – PURH (Publications des universités de Rouen et du Havre), Rouen, 259 pages.

Texte intégral

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1Cet ouvrage décrit et explique les modes d’organisation textuelle en français et en japonais, en explorant les différences caractéristiques entre ces deux langues. C’est un travail empirique appuyé sur les observations que l’auteure a effectuées avec un corpus important, constitué principalement à partir de textes académiques japonais et français et à partir d’enquêtes menées auprès d’environ 500 étudiants japonais et d’une centaine de professeurs français.

2La première partie du livre aborde les « faits d’option », c’est-à-dire ce qui ressort des conventions, des habitudes, des normes culturelles et de leurs variations, au sein desquels tout texte s’inscrit nécessairement. Par exemple, l’auteure montre qu’une introduction, un développement et une conclusion sont les trois composantes indispensables d’une dissertation française, et surtout que la conclusion doit être clairement exprimée, tandis qu’en japonais, cette dernière est souvent laissée en suspens.

3La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux facteurs linguistiques (les « faits de servitude »). La relation entre ces deux sortes de faits est expliquée à la fin. Il est montré dans le cadre de la linguistique textuelle de J.-M. Adam que la segmentation, la cohésion et la référence explicite sont plus marquées en français, tandis que la prise en charge énonciative et les valeurs illocutoires ont une plus grande place en japonais. L’auteur japonais n’accomplit ainsi pas le texte jusqu’au bout, parce que c’est finalement le lecteur qui l’interprète et le conclut. En japonais, le texte est, même écrit, une collaboration entre l’auteur et le lecteur.

4Comme il y a trop peu d’études de l’écrit qui adoptent une démarche contrastive autour des stratégies textuelles, ce travail est d’un grand apport aux études sur la linguistique textuelle. Sur ce sujet, on se serait peut-être attendu à un plus vaste panorama sur la question de la rhétorique comparée, sur les disciplines connexes et sur les principales filiations. L’ouvrage gagnerait à être plus théorique pour satisfaire aux exigences des spécialistes du domaine, mais l’importance du sujet posé et la qualité de l’argumentation permettent de mettre en évidence les problèmes quotidiennement rencontrés en écrivant dans ces deux langues.

5Le livre de Yumi Takagaki est donc très utile dans l’enseignement de FLE auprès des publics japonais, surtout dans le cadre universitaire, ainsi que dans l’enseignement du japonais auprès de publics français. Il apporte également une bonne contribution aux discussions sur tous les types d’études interculturelles contrastives.

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Pour citer

Itsuko Fujimura, De la rhétorique contrastive à la linguistique textuelle. L’organisation textuelle du français et du japonais
Le français à l'université , 17-02 | 2012
Mise en ligne le: 28 février 2013, consulté le: 19 novembre 2017

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Auteur

Itsuko Fujimura

Université de Nagoya (Japon)

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