Le français à luniversité

Contextualisations du CECR. Le cas de l'Asie du Sud-Est

Ivana Franić

Référence de l'oeuvre:

Castellotti, Véronique et Jean Noriyuki Nishiyama (dir.), (2011), « Contextualisations du CECR. Le cas de l'Asie du Sud-Est » Le français dans le monde. Recherche et applications, n° 50. CLE International — FIPF, Paris, 188 pages.

Texte intégral

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1Ce recueil rassemble les travaux présentés au Colloque international « La contextualisation de l’enseignement des langues étrangères : le Cadre européen, le plurilinguisme et le pluriculturalisme, l’apprentissage autonome à l’aide des TIC et du portfolio » tenu en 2009 à Kyoto. Les textes cherchent à rendre compte des évolutions récentes dans le processus d’adaptation des apports principaux du CECR aux contextes asiatiques.  

2Dans l’article introductif, d’ailleurs très enrichissant et instructif, Véronique Castellotti fait ressortir les principaux enjeux relatifs à la contextualisation des orientations du CECR en Asie. En définissant la contextualisation comme la « reconstruction d’objectifs situés […] en fonction de traditions, de demandes, d’attentes et de besoins différents […] » (p. 15), Castellotti dégage trois axes de réflexion autour de problématiques relevées. Le premier axe rassemble des articles consacrés aux orientations générales du Cadre. C’est dans cette optique que Francis Goullier rappelle que la mobilisation des principes du CECR se limite actuellement à des dimensions purement techniques et directement observables, à savoir l’évaluation et la certification. En s’appuyant sur l’exemple japonais, Jean Noriyuki Nishiyama s’interroge sur la possibilité de création d’un cadre commun de référence pour l’Asie du Nord-Est. Marie-Françoise Pungier, quant à elle, s’intéresse à la problématique interculturelle, toujours dans le contexte japonais. Fumiya Ishikawa et Evelyn Rosen se concentrent sur les difficultés terminologiques rencontrées lors de l’adaptation du Cadre au contexte japonais.

3Le deuxième axe aborde le problème de l’implication de l’apprenant dans le processus d’apprentissage. Francis Carton réexamine le concept d’autonomie à la lumière des paramètres institutionnels, culturels et didactiques présents sur un terrain particulier. En s’inspirant des idées-clés des portfolios de langues européens, Véronique Castellotti s’interroge sur la manière de développer une activité réflexive chez les apprenants japonais afin de les autonomiser et de valoriser leur compétence plurilingue. L’environnement universitaire vietnamien sert d’appui pour une étude sur l’autonomie de l’apprenant, effectuée par Lê Thi Phuong Uyen et son équipe vietnamienne de formateurs. Parallèlement, Nadine Normand-Marconnet s’intéresse au rôle incontournable d’un portfolio adapté aux cultures éducatives locales, notamment dans la zone Orient-Asie. L’apprentissage autodirigé comme un atout est le sujet de la contribution de Mitsuru Ohki.

4Finalement, un troisième axe couvre une large variété d’expériences d’apprentissage/enseignement des langues. Laurence Chevalier examine les pratiques actuelles d’enseignement au Japon à la lumière des apports du CECR. Kien Vu Diep, pour sa part, décrit la rencontre des apprenants vietnamiens avec des habitudes et des stratégies venant d’autres traditions, tandis que Dong Yeol Park examine les raisons possibles d’un manque de motivation chez les étudiants coréens. Pour y remédier, il plaide pour la mise en œuvre d’une pédagogie de projet sous-tendue par la perspective actionnelle. La prise de conscience interculturelle chez les étudiants japonais représente le thème central de la contribution de Mariko Himeta. David Bel et Xu Yan, quant à eux, questionnent le contexte chinois et montrent les possibles applications des orientations proposées par le CECR. Comme synthèse finale, Henri Besse propose de « sortir du cadre » et cherche à inscrire la réflexion sur la contextualisation du CECR dans une perspective d’ordre historique et épistémologique plus large.

5Ce recueil montre ainsi que le CECR a franchi les frontières géographiques, nationales et culturelles en mettant en évidence les atouts de l’approche actionnelle dans un contexte géographique et éducatif éloigné. En effet, le présent ouvrage réexamine les objectifs du Cadre à la lumière des traditions éducatives différentes, en fonction des objectifs spécifiques d’apprentissage et des besoins du public asiatique et oriental. Ce recueil viendra certainement enrichir, de par ses remarques pertinentes, la réflexion sur le développement futur des concepts introduits par le CECR. Les résultats de ce colloque japonais susciteront sans doute des échanges encore plus fructueux entre l’Ouest et l’Est tant en matière d’apprentissage/enseignement des langues que d’élaboration de politiques linguistiques et éducatives.

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Pour citer

Ivana Franić, Contextualisations du CECR. Le cas de l'Asie du Sud-Est
Le français à l'université , 17-02 | 2012
Mise en ligne le: 25 mars 2015, consulté le: 17 juin 2019

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Auteur

Ivana Franić

Université de Zagreb (Croatie)

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