Le français à luniversité

Enseigner et apprendre la littérature en français langue étrangère ou seconde, pour quoi faire ?

Amélie Nadeau

Référence de l'oeuvre:

(2008), Enseigner et apprendre la littérature en français langue étrangère ou seconde, pour quoi faire ?, Le langage et l’homme. Revue de didactique du français, vol. 43, no 1, E.M.E. & Intercommunications S.P.R.L., Fernelmont, 197 pages.

Texte intégral

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1La douzaine de textes qui composent ce dossier justifient l’enseignement et l’apprentissage de la littérature en français langue étrangère ou seconde en stipulant que la littérature en classe de FLE ou de FLS répond à un triple objectif : elle permet d’améliorer les compétences communicatives des étudiants, d’aborder la diversité culturelle et d’introduire l’étude de la littérature francophone. Ces objectifs motivent le choix d’œuvres littéraires maghrébines et québécoises, lesquelles mettent souvent en scène la quête identitaire de personnages partagés entre leur culture d’origine et celle du pays d’accueil. Ainsi, plusieurs articles se penchent sur la dimension culturelle du texte littéraire dans des œuvres de la littérature migrante (A. Begag, É. Ollivier, M. Micone, R. Robin, S. Kokis, D. Laferrière) en classe de FLE, tout en posant des défis propres aux différents contextes d’enseignement (notamment les habitudes de lecture et les valeurs sociales). L’étude du roman policier constitue une manière originale et motivante d’introduire la littérature dans ce type de classe (E. Riquois). Les caractéristiques de ce genre, où le lecteur à la recherche d’indices est amené à formuler des hypothèses, permettent une approche active du texte, compétence qui est par la suite transposable à d’autres types d’écrits.

2Par ailleurs, on présente différentes techniques (dont le décodage de l’implicite et le puzzle littéraire) permettant d’aborder les œuvres littéraires et de faciliter la compréhension des structures narratives. Dans une perspective plus originale, D. Ravet expose une méthodologie pluridisciplinaire et interartistique à l’aide de laquelle on peut analyser les rapports entre les œuvres littéraires, picturales et cinématographiques. Pour C. Lefrançois-Yasuda, les contraintes oulipiennes contribuent à l’exploration du langage et orientent les pratiques d’écriture vers un niveau avancé.

3On retient également l’article de C. Puren, qui s’intéresse à juste titre à la didactique du texte littéraire en classe de langue. L’auteur propose une « analyse actionnelle des textes littéraires », qui se situe dans la perspective ébauchée par le CECR en 2001. En conclusion de cet ouvrage, S. De Croix traite des « mauvais lecteurs » et des principales difficultés de lecture, regroupées en trois catégories ou, plutôt, en trois déficits (de familiarisation, de stratégie de lecture et d’estime de soi). En marge du dossier, J. G. Mboudjeke analyse les rapports conflictuels entre les normes prescriptives et les normes d’usage, une difficulté à laquelle doivent faire face les étudiants de français langue maternelle dans les universités anglocanadiennes.

4Plusieurs séquences pédagogiques sont également présentées par les divers auteurs de ce numéro. Cela assure un équilibre entre la théorie et la pratique, et permet de suggérer des pistes concrètes visant à favoriser l’enseignement de la littérature en classe de langue.

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Pour citer

Amélie Nadeau, Enseigner et apprendre la littérature en français langue étrangère ou seconde, pour quoi faire ?
Le français à l'université , 13-02 | 2008
Mise en ligne le: 15 mars 2012, consulté le: 19 mars 2019

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